Media Week Report 19 octobre

Cette semaine, le Media Week Report revient sur la bataille du streaming. Tandis que WarnerMedia annonce la création, pour fin 2019, d’un service de streaming vidéo, Netflix profite de la publication de résultats trimestriels dépassant les attentes pour prévenir les investisseurs qu’il devra continuer à investir massivement dans les contenus originaux, ce qui pèsera sur les bénéfices du groupe en fin d’année. Quant à YouTube et Facebook, ils déclarent la guerre à la republication de contenus sans valeur ajoutée. Le géant de Menlo Park s’apprêterait par ailleurs à lancer une box télé.

 

MWR 19/10 


Warner se lancera dans la bataille du streaming fin 2019

WarnerMedia, filiale du câblo-opérateur AT&T, a annoncé la création d’un service de streaming vidéo pour la fin de l’année 2019 qui sera amené à concurrencer Netflix et ses 137 millions d’abonnés dans le monde.

Le service streaming de WarnerMedia s’appuiera sur la chaîne câblée HBO, ainsi que sur les catalogues Turner et Warner. Il proposera également des contenus exclusifs, grâce à des investissements qui devraient être, selon John Stankey, directeur général de WarnerMedia, « du même ordre » que ceux de Netflix – soit environ 8 milliards de dollars par an.

Warner fait ainsi, comme Disney – qui vient de présenter un projet similaire – le pari de court-circuiter ses sources de revenus traditionnelles, issues de la télévision payante et de la cession de licences pour ses séries et films, avec une offre par abonnement. Un pari audacieux, puisque le groupe devra trouver un subtil équilibre entre ces deux forces, le but étant que les bénéfices à long terme générés par le streaming soient supérieurs à ceux obtenus traditionnellement. Selon Variety, Warner décidera au cas par cas quels contenus ne seront proposés que sur sa plate-forme et quels contenus seront partagés avec d'autres services.

Cette stratégie sera-t-elle suffisante pour détrôner Netflix ? Ce dernier a vu son chiffre d’affaires tiré du mobile, qui reste marginal dans le revenu total du groupe, progresser de 90% en un an, précise Numerama, et vient de gagner 7 millions de nouveaux clients entre juillet et septembre. Les résultats du groupe, pour le troisième trimestre, dépassant les attentes de Wall Street, Netflix a d’ores et déjà annoncé, selon Business Insider, que les coûts de développement de contenus originaux pèseront sur les bénéfices en fin d’année. « Des sociétés de contenu telles que WarnerMedia et Disney/Fox se lancent dans l'auto-distribution de leur propre contenu ; des sociétés de technologie comme Apple, Amazon et d'autres investissent dans du contenu de qualité supérieure pour améliorer leurs plateformes de distribution. Au milieu de ces concurrents massifs des deux côtés, ainsi que des entreprises de médias traditionnelles, notre travail consiste à faire en sorte que Netflix se démarque afin que, lorsque les consommateurs ont du temps libre, ils choisissent de le passer avec notre service », a indiqué Netflix, expliquant ainsi pourquoi il continuerait à investir massivement dans le contenu.

YouTube et Facebook ne veulent plus de contenus republiés

YouTube – souvent critiqué, depuis sa création, pour un manque de respect des règles du droit d’auteur – compte redorer son blason en luttant contre les vidéos republiées sans valeur ajoutée et la duplication de contenu. Il fait ainsi évoluer les règles de son programme partenaire. En cas de non-respect des règles, les chaînes seront tout simplement supprimées.

« L’idée derrière cette politique du Programme Partenaire YouTube est de s’assurer que nous ne gardons que des chaînes qui proposent une vraie valeur ajoutée, avec un contenu original et pertinent », précise YouTube sur son forum d’aide officiel. « Si vous ajoutez un commentaire suffisamment original, une valeur éducative, narrative ou un montage de qualité, alors votre chaine est sûrement monétisable », ajoute YouTube.

Même son de cloche chez Facebook, qui vient de mettre à jour son algorithme afin de pénaliser, dans le fil d’actualité, les posts présentant des liens vers des sites au contenu dupliqué ou volé – ces derniers généreront donc moins de trafic et de revenus publicitaires. Selon Le Blog du Modérateur, le réseau social, qui a modifié les règles des éditeurs pour le fil d’actualité, précise qu’il faut désormais éviter de partager du contenu qui ne nous appartient pas ou que nous n’avons pas le droit de partager. 

La récente directive européenne en matière de droit s’auteur n’est probablement pas étrangère à ces récentes décisions.

Facebook serait prêt à lancer une box télé

Malgré ses récents déboires, Facebook ne cesse de diversifier son offre. Les sites spécialisés Cheddar et TechCrunch révèlent que le géant de Menlo Park concocterait une box TV, appelée Ripley. Ce nouvel outil serait doté d’une caméra permettant aux utilisateurs de passer des appels vidéo et de regarder les programmes proposés par la plateforme vidéo Facebook Watch. Ripley, qui utilise la même technologie que Portal, l’enceinte connectée de Facebook, devrait voir le jour au printemps 2019, selon une source interne. Facebook n’a pas souhaité commenter cette rumeur, mais Le Siècle Digital rappelle que Rafa Camargo, VP de Portal, avait déjà indiqué que l’entreprise investissait dans « l’extension de la gamme de produits que nous comptons lancer l’année prochaine ».

D’après Le Figaro, Ripley est une suite logique de la stratégie du réseau social, qui emboîte le pas d’Apple et de son Apple TV. Grâce à Ripley, Facebook pourrait promouvoir Facebook Watch et ses contenus originaux, en concurrence directe avec YouTube et Netflix. Après le lancement de Portal le 8 octobre, cette box confirme par ailleurs la volonté du réseau social de créer des produits physiques pour le plus grand nombre.

Mais , pour Les Numériques, Facebook pourrait avoir du mal à se positionner sur le marché complexe des téléviseurs, en raison notamment des préoccupations liées à la protection des données personnelles. En faisant le choix de proposer, avec Ripley, d’installer une caméra intégrée sous le téléviseur, l’entreprise américaine risque en effet de se « fermer les portes du sacro-saint salon ».

 

 



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