Media Week Report - 22 juin

 

Cette semaine, le Media Week Report met un coup de projecteur sur Salto, le projet de plateforme de vidéo commune à France Télévisions, TF1 et M6, qui, après un long feuilleton, officialise la riposte à Netflix en France. De son côté, Snap vient de mettre un terme, avec Snap Kit, à plusieurs années de froid entre Snapchat et les développeurs. Par ailleurs, Patrick Soon-Shiong, un magnat de la biotech, devenait officiellement lundi le nouveau propriétaire du Los Angeles Times.


Salto, la riposte française à Netflix

Plusieurs fois espéré et abandonné, le projet de plateforme de vidéo commune aux chaînes de télé françaises est désormais en marche. France TV, TF1 – qui, à eux seuls, représentent 75% de la création audiovisuelle en France – et M6 unissent enfin officiellement leurs forces et créent une plateforme commune de vidéos en ligne baptisée Salto. Les trois partenaires se disent ouverts à ce que d'autres chaînes les rejoignent.

« Avec Salto, les groupes France Télévisions, M6 et TF1 entendent proposer une réponse ambitieuse aux nouvelles attentes du public avec un service de qualité, innovant et simple d'accès », annoncent les trois entreprises dans un communiqué. Cette plateforme fonctionnera sur abonnement, et sans engagement, et permettra – selon les nouveaux alliés – « de retrouver tous les meilleurs programmes de télévision (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits ».

Selon Le Monde, les trois groupes devraient investir au minimum 50 millions d’euros dans leur plateforme. La date de lancement et les tarifs n'ont pas été précisés mais, toujours selon Le Monde, Salto devrait être lancé, après avis de l’Autorité de la concurrence, courant 2019. Deux formules d’abonnement seraient proposées : l’une comprise entre 2 et 5 euros par mois, l’autre entre 7 et 8 euros par mois. L’idée d’une offre gratuite, évoquée ces derniers mois, ne serait donc finalement pas retenue – une victoire des logiques des chaînes privées TF1 et M6.

De son côté, l’Institut national de l'audiovisuel (Ina) – qui, selon son PDG Laurent Vallet, cherche depuis quelques années à mieux exposer ses archives, en mettant à disposition des extraits via les réseaux sociaux, son propre site, son offre de SVOD payante Ina Premium et, éventuellement prochainement, Salto – a lancé, mercredi, une chaîne sur Molotov. Deux rubriques – Moments Cultes de la Télé et A la Une – seront alimentées chaque jour par les équipes de l'Ina, une première étape gratuite avant une utilisation plus poussée des archives de l'Ina sur Molotov. L'Ina espère en effet proposer, à terme, une offre payante aux 5,5 millions d'utilisateurs de Molotov, qui est, selon Laurent Vallet, « la meilleure expérience utilisateur de ce qui se fait aujourd'hui » pour regarder la télévision.

La France n’est pas le premier pays à voir ses principaux groupes audiovisuels nouer une alliance. Au Royaume-Uni, les trois grandes chaînes de télévision BBC, Channel 4 et ITV ont décidé de s’allier pour freiner Netflix outre-Manche ; aux États-Unis, c’est le service de streaming Hulu, financé notamment par Disney et 21st Century Fox, qui fait de la résistance ; dans les pays nordiques, cinq groupes – DR (Danemark), SVT (Suède), NRK (Norvège), Yle (Finlande) et la RUV (Islande) – ont également décidé de faire front.

Snapchat lance Snap Kit, sa plateforme pour développeurs

Avec Snap Kit, Snapchat – qui a toujours été une plateforme fermée – s’ouvre aux développeurs. Cette boîte à outils leur permettra en effet de proposer des options liées à Snapchat sur d'autres applications.

Quatre kits sont proposés aux développeurs: creative, login, bitmoji et story. Grâce à ces options, des applications pourront intégrer certaines de leurs fonctionnalités sur Snapchat, via des stickers, des filtres ou des liens à ajouter aux photos et aux vidéos. Pour le moment, Snap ouvre sa plateforme à un nombre limité de services: Tinder, Postmates et Poshmark ; d'autres, comme Giphy, Patreon ou Pandora, seront bientôt ajoutés ; les autres applications ayant accès à Snap Kit seront choisies au compte-gouttes.

Snap revendique par ailleurs une plus grande protection de la vie privée des internautes que ses concurrents. La société assure que sa plateforme pour développeurs ne donnera accès qu'au pseudonyme et à l'avatar Bitmoji associé à un utilisateur. Toutes autres informations personnelles – la liste des amis et les données liées aux contacts d'un utilisateur – ne seront pas communiquées. Une façon, pour Snap, de se démarquer de la concurrence à un moment crucial !

Patrick Soon-Shiong, un magnat de la biotech, finalise le rachat du Los Angeles Times

Patrick Soon-Shiong, un homme qui a fait fortune dans les biotechnologies, a racheté trois titres de presse américains dont le journal historique de Los Angeles, le Los Angeles Times. Le titre, en proie depuis quelque temps à des difficultés financières, doit encore relever le défi du numérique. Patrick Soon-Shiong a également racheté le San Diego Union-Tribune, un autre quotidien prestigieux du sud de la Californie, qui doit lui aussi s'adapter au numérique.

« Notre travail pour protéger l'histoire d'indépendance du journalisme et la faire croître commence dès aujourd'hui », a déclaré Patrick Soon-Shiong dans un message aux lecteurs, dès son arrivée officielle lundi. Pour ce faire,  il versera 500 millions de dollars au groupe Tronc, qui possédait le journal, et reprendra 90 millions de dollars de dette aux fonds de retraite des employés – de l’argent censé permettre au journal de prendre le train de la digitalisation et de mettre un terme à la valse des rédacteurs en chef, mis sous pression face au défi du numérique. Dès son premier jour en tant que nouveau propriétaire du journal, Patrick Soon-Shiong a d’ailleurs nommé Norman Pearlstine, 75 ans – ancien du Wall Street Journal, du Time et de Bloomberg News – comme nouveau rédacteur en chef du Los Angeles Times.  

Comme le souligne L’Echo, après la reprise du Washington Post par Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon, ou le rachat du Boston Globe par l’homme d’affaires John Henry, le secteur de la presse américaine éveille un vif intérêt chez les milliardaires. L’argent, y compris pour le journalisme, est bien le nerf de la guerre.

 

 



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