Media Week Report - 27 septembre

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur le refus de Google de rémunérer les éditeurs de presse pour l’utilisation d’extraits de leur contenu. Côté réseaux sociaux, Snapchat dénonce les tactiques de Facebook et introduit plusieurs nouveautés, tandis qu’Instagram cible les jeunes via une nouvelle campagne publicitaire. Pendant ce temps, Benedetti cherche également l’attention de la jeunesse et lance « Paradiso », un studio de podcasts à visée internationale.


Google refuse de rémunérer les éditeurs de presse

 

Une nouvelle passe d’armes entre Google et les médias français pourrait bientôt avoir lieu, suite à la décision de la firme américaine, le 25 septembre, de ne pas rémunérer les éditeurs de presse européens pour l’affichage d’extraits de leurs contenus –les « snippets ». Le géant de Mountain View a également souligné que les extraits n’apparaîtront plus dans ses résultats sans leur autorisation : seuls les titres et les liens, à savoir les adresses URL, seront proposés aux internautes. Cette décision concernera tous les services de Google, dont le moteur de recherche Google.fr et Google Actualités.

Google refuse donc d’obtempérer à la directive européenne sur le droit d’auteur, transposée par la France en juillet, qui prévoit, entre autres, un « droit voisin » censé favoriser la rémunération des éditeurs de presse et des agences par les plateformes en ligne. Dans un post sur le blog officiel de l’entreprise, Richard Gingras, vice-président de Google chargé des médias, a déclaré : « Nous n'acceptons le paiement de personne qui soit inclus dans les résultats de recherche. Nous vendons des annonces, pas des résultats de recherche, et chaque annonce sur Google est clairement indiquée. C’est aussi la raison pour laquelle nous ne payons pas les éditeurs lorsque les internautes cliquent sur leurs liens dans un résultat de recherche ». Il a aussi souligné l’engagement de Google en faveur du journalisme, notamment grâce à la Google News Initiative.

Marc Feuillée, Président du Syndicat de la presse quotidienne nationale et directeur général du groupe Le Figaro CCM Benchmark, a expliqué à L’Obs à quel point l’annonce de Google aura un impact négatif pour les éditeurs qui n’acceptent pas de céder leurs contenus gratuitement : « l’affichage très partiel fera sans doute chuter leur référencement, et en conséquence leur audience et par contrecoup leurs revenus publicitaires ».

Le Monde rappelle que le ministre de la culture français, Franck Riester, a exprimé sa déception dans un communiqué, tout comme l’Alliance de la presse d’information générale. Reste à savoir si les éditeurs français arriveront à faire évoluer la position de Google dans les prochaines semaines.

 

Instagram lance une campagne publicitaire à l’attention des jeunes

 

Sous les coups de nombreuses attaques pour fraudes à l’influence et accusé d’ exercer trop de pression notamment sur les adolescents, Instagram veut embellir son image en France via le lancement d’une campagne nommée « Cœur sur toi ». Celle-ci vise à mettre en valeur les jeunes utilisateurs de ce réseau social qui totalise 17 millions d’utilisateurs dans l’Hexagone.

Des public talks, un déploiement de pop-ups dans des lieux prisés par la jeunesse comme le Citadium à Paris, une campagne vidéo et des visuels élaborés en partenariat avec l’agence américaine Wieden+Kennedy sont au programme de cette campagne qui durera 7 semaines.

« L'ambition principale est de faire en sorte que notre cible adolescente et jeune adulte perçoive Instagram comme un lieu sûr et positif où elle peut s'exprimer en toute liberté, se raconter et se connecter aux autres, de manière créative », explique à Stratégies le directeur marketing d’Instagram Grégory Bigot. Jai-un-pote-dans-la.com précise que le but de cette campagne est de soutenir toute forme d’expression et de faire vivre l’expérience Instagram « In Real Life », à travers le partage, le divertissement ou l’apprentissage. C’est aussi une façon, pour Instagram, de rattraper son retard sur Snapchat qui domine chez les 15-34 ans.


Snapchat : des nouveautés pour séduire les annonceurs

 

Snapchat se plie en quatre pour séduire les annonceurs. La plateforme a récemment annoncé trois nouvelles options pour ses formats vidéo, explique Influenth : l’augmentation de la durée des Snap Ads à 3 minutes, l’introduction de la fonctionnalité « swipe up » dans le format vidéo de 6 secondes et des possibilités de ciblage inédites. A titre d’exemple, les marques pourront s’adresser à un public prêt à regarder des vidéos de 15 secondes, augmentant ainsi le temps de visionnage des campagnes publicitaires et l’engagement des spectateurs.

Qui plus est, Snapchat pourrait bientôt faire évoluer son interface avec un onglet consacré à l’information, révèlent The Information et Le Siècle Digital. Le lancement du projet devrait avoir lieu en 2020. Des pourparlers seraient déjà en cours avec des éditeurs, dans le but de diffuser « en temps réel, les dernières nouvelles d’une poignée de partenaires de confiance ».

Entre-temps, le bras de fer avec Facebook continue. D’après le Wall Street Journal, Snap aurait fourni à la Federal Trade Commission un dossier, appelé “Project Voldemort”, détaillant toutes les pratique anticoncurrentielles employées par le géant de Menlo Park pour « tuer » le réseau au petit fantôme, telles que le lancement des Stories, « inspirées » par Snapchat ou les pressions exercées sur les influenceurs pour qu’ils ne citent pas leur compte Snapchat sur Instagram.


Le créateur du Studio Bagel mise sur les podcasts

 

Un nouvel acteur du digital cherche à s’approprier l’attention de la jeunesse : lancé par Lorenzo Benedetti, cofondateur du Studio Bagel et ancien directeur de la création digitale de Canal+, le studio « Paradiso » – dont le titre fait un clin d’œil à l’œuvre phare de Giuseppe Tornatore – aspire à « proposer des contenus premium à l’échelle internationale ». Il produira notamment des documentaires, mais aussi de la fiction et des programmes jeunesse, précise lemonde.fr.

Le contenu du studio Paradiso sera produit en plusieurs langues, dont l’anglais, l’allemand, l’espagnol, le portugais, l’italien et le français, souligne Variety, tout en notant l’implantation internationale de l’entreprise elle-même, avec des studios à Paris, Londres et Los-Angeles. Les séries – qui constitueront une large partie de podcasts - seront distribuées par les plateformes majeures, telles que Spotify, Audible, Sybel et Majelan. 12 sont déjà promises pour la fin de l’année 2020. De quoi faire de la concurrence à l’américain Wondery, venu en France cet été, qui a dépassé un milliard de téléchargements en juillet dernier, rappelle Ozap.com.


 



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