Media Week Report - 29 décembre

En cette fin d’année, le Media Week Report vous offre sa rétrospective 2017, la résistance aux GAFA, la bataille pour le contenu et l’urgence de la lutte contre les fake news ayant été au cœur des problématiques. Autre signe tendant à montrer que générer davantage d’engagement est désormais le nerf de la guerre pour les médias sociaux, le contrat que Facebook vient de signer avec Universal Music.

RéTROSPECTIVES 2017

2017 aura été une année marquée par la prise de conscience de la potentiellement dangereuse toute-puissance des GAFA, ainsi que par une forte bataille pour le contenu et une urgence de la lutte contre les fake news.  

2017 aura incontestablement été une année de lutte contre les GAFA, leur pouvoir inquiétant désormais à la fois Europe et Etats-Unis. Après diverses batailles menées par la Commission européenne, l’idée de taxer les GAFA a progressé en Europe, tandis que les médias américains ont multiplié les tribunes prédisant la fin de l’âge d’or de la Sillicon Valley. La riposte s’est organisée, non seulement au niveau des autorités, mais également du côté du secteur et de la concurrence. La toute-puissance des GAFA - notamment de Google et Facebook - dans la publicité étant un véritable casse-tête pour les éditeurs de presse, les médias ont contre-attaqué. En France, par exemple, une quinzaine de medias et d’éditeurs ont lancé Gravity tandis que l’Union des Annonceurs  présentait un plan d’actions début décembre. En Europe, la régie publicitaire paneuropéenne European Broadcaster Exchange (EBX), qui veut s’opposer aux GAFA, devrait être opérationnelle début 2018. Résultat, Facebook et Google – un duopole que certains estiment dangereux pour le journalisme professionnel – se sont  lancés dans une opération de charme auprès des éditeurs de contenus pour les aider à booster leurs abonnements payants, les éditeurs ayant exercé des pressions dès avril. Malgré les gestes de bonne volonté de la part de Facebook et Google, les relations restent difficiles et des craintes persistent chez les éditeurs.

Autre temps fort de l’année 2017, la bataille pour le contenu. Quelques jours après que Twitter a annoncé des initiatives dans le live streaming, YouTube et Snapchat se sont eux aussi montrés ambitieux dans la création vidéo en se positionnant davantage comme producteurs de contenus, Time Warner s’engageant, par exemple, à produire une dizaine de Snap Shows par an. Peu après, Facebook a riposté en signant des accords avec Vox Media, BuzzFeed, ATTN et Group Nine Media pour booster son offre dans la vidéo. Désireux d’entrer dans la production de séries, Facebook semble prêt à dépenser jusqu'à 3 millions de dollars par épisode, des sommes semblables à celles dépensées par Netflix. Apple entend lui aussi investir dans la création de séries originales capables de rivaliser avec les productions des chaînes de télévision ou de Netflix – en misant un milliard de dollars sur les douze prochains mois. Netflix compte pour sa part continuer à investir dans les séries et films exclusifs – des produits d'appel sur un marché du streaming très concurrentiel. L’année prochaine, Netflix devrait ainsi investir entre 7 et 8 milliards de dollars dans les contenus. Quant à Vivendi, il maintient son objectif de créer un Netflix européen, une nouvelle étape ayant été franchie avec la création d’une joint-venture Canal + et Telecom Italia. En fin d’année, Disney a officialisé le rachat d’une partie de la 21st Century Fox, une opération qui devrait donner naissance à une usine à contenus d’une puissance inégalée. Autre preuve, si besoin en est, que mettre la main sur des contenus supplémentaires est bien le nerf de la guerre actuelle, l'acquisition, par Amazon, des droits mondiaux pour une adaptation télévisée de la saga du Seigneur des Anneaux.

Dernière problématique de l’année, la lutte contre les fake news – comme en témoignent plusieurs tentatives de Facebook, notamment, accusé d’avoir propagé de fausses informations – et les efforts déployés pour une meilleure modération – comme l’indique une récente polémique entre YouTube et les annonceurs. Comme le résume Le Figaro en cette fin d’année, les principaux acteurs d'Internet ont multiplié en 2017 les initiatives pour éradiquer ce fait nouveau : la désinformation à grande échelle sur les réseaux sociaux. Un à un, Google, Mozilla et surtout Facebook, principal accusé, ont annoncé des batteries d'outils pour diminuer la visibilité de ces articles trompeurs, à défaut de pouvoir les éradiquer. Principal point commun de ces projets : le recours à des médias ou des ONG partenaires, chargés de vérifier la véracité des contenus douteux. Alors que les mises en garde contre le manque d’efficacité des outils anti-fake news se sont multipliées en cours d’année, Facebook reconnaissait les lacunes du système fin décembre. « Indiquer avec un drapeau rouge qu'un contenu est faux ne suffit plus à changer l'opinion d’une personne, et peut même avoir l'effet inverse ». Pas question, cela dit, pour le réseau social de bannir purement et simplement les contenus fallacieux de la plateforme. « Nos internautes doivent pouvoir prendre une décision éclairée sur ce qu'ils doivent lire, croire et partager », déclare toujours le réseau social, comme le souligne Le Figaro.


Générer davantage d’engagement, le nerf de la guerre pour les médias sociaux, comme le montre le contrat entre Facebook et Universal Music

Universal Music a annoncé la signature d'un contrat de licence pluriannuel « sans précédent » avec Facebook, valable dans le monde entier pour plusieurs années. Grâce à ce partenariat, les utilisateurs du réseau social pourront utiliser, sans enfreindre le droit d’auteur, des musiques du label sur leurs vidéos. Contre une somme restée confidentielle, la maison de disques autorisera en effet les utilisateurs de Facebook, Instagram et Oculus à mettre en ligne et à partager des vidéos contenant de la musique des artistes Universal sans craindre de les voir retirées pour violation du droit d’auteur.

Selon Presse Citron, avec des morceaux célèbres sous licence, les vidéos mises en ligne par les utilisateurs de Facebook devraient générer plus d’engagement, le nerf de la guerre pour les médias sociaux ayant opté – comme le rappelait le Media Week Report la semaine dernière – pour un modèle économique basé sur la publicité, un modèle  qui – comme le dit Kantar Media dans son livre blanc sur les Tendances Social Media 2018 – demande des utilisateurs fidèles, passant du temps sur la plateforme, intéressés, divertis et donc engagés.

L’accord conclu entre Universal Music et Facebook évoque par ailleurs le lancement de « nouvelles expériences musicales en ligne », et Facebook pourrait proposer, dans un second temps, une bibliothèque de musique « à travers une série de fonctionnalités sociales ».

Plusieurs médias américains font état de discussions entre Facebook et d'autres grands labels, notamment Sony Music Entertainment et Warner, qui pourraient suivre la voie ouverte par Universal.




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