Media Week Report - 5 octobre

Cette semaine, le Media Week Report dévoile les résultats du rapport sur le marché publicitaire en 2018, co-signé par l’Irep, Kantar Media et France Pub, avec de bonnes nouvelles à l’horizon ! Par ailleurs, en imposant un quota de 30% d’œuvres européennes dans l’audiovisuel, le Parlement européen entérine le principe d'exception culturelle à l'échelle de l'UE. De son côté, Netflix double ses investissements en France – il se pourrait que ce ne soit qu’un début.


BUMP

  

Le marché publicitaire sort de l’ornière en 2018

 Le marché publicitaire peut enfin souffler ! C’est la conclusion du rapport publié le 2 octobre par l’Institut de recherches et d’études publicitaires (Irep), en collaboration avec Kantar Media et France Pub.

Les recettes publicitaires nettes des médias enregistrent une progression de 4,2% à 6.307 milliards d’euros pour le premier semestre 2018, par rapport à la même période de l’année 2017. Les projections sont assez optimistes, et le Baromètre Unifié du Marché Publicitaire (BUMP) confirme le redressement, même s’il « reste légèrement inférieur à la croissance de l’économie ». Le Figaro relate d’ailleurs que l’étude prévoit une croissance de 2,3% de l’ensemble du marché en 2018.

Avec une augmentation de 15,3% des investissements publicitaires sur la période analysée, et une hausse du nombre d’annonceurs trois fois supérieure au reste des médias, le digital est le moteur de cette croissance, note E-marketing.fr.

La presse connaît au contraire une baisse de 6,4%, contre 9,6% l’an dernier. Les magazines (-9.3%) et les quotidiens nationaux (-7.1%) subissent le plus sévèrement ce recul.

De son côté, la publicité extérieure reste stable (+0,0% vs -1,5%) et les bons résultats de l’affichage dans les transports (+6,3%) pallient la chute de 7% des recettes publicitaires sur le mobilier urbain.

La télévision, elle, arrive quand-même à tirer son épingle du jeu. Malgré la concurrence de Netflix, ce média historique tient la route, avec une croissance de 1,6% des recettes publicitaires nettes. A ce propos, Florence Doré, directrice marketing France de Kantar, précise aux Echos que « cette bonne forme est moins due aux investissements effectués dans les espaces classiques […] qu’à l’explosion du parrainage, en hausse de 33,1%. […]. Par ailleurs, le début de l’année a été riche en événement sportifs et l’on a vu beaucoup de marques rebondir dessus, même si ce n’était pas forcément par le biais des médias historiques ou d’Internet. »

Le Parlement européen impose 30% de programmes européens aux médias audiovisuels

Le Parlement européen a approuvé l’imposition d’un quota de 30% de programmes européens aux médias audiovisuels, y compris les plateformes de vidéos à la demande, telles que Netflix et Amazon, ou celles de partage de vidéos comme YouTube.

Afin de soutenir la diversité culturelle du secteur audiovisuel européen, les eurodéputés garantissent ainsi que 30% du contenu des catalogues des plateformes de vidéo à la demande soit européen – jusqu’ici, rappelle Les Echos, seuls les diffuseurs classiques étaient soumis à ce type d’obligations, à hauteur de 50%.

Dans son communiqué, le Parlement européen ajoute que les plateformes « devront également contribuer au développement des productions audiovisuelles européennes, soit en investissant directement dans du contenu, soit en contribuant à des financements nationaux ».  Le niveau de contribution de chaque pays, précise-t-il, devra être proportionnel aux revenus liés à la vidéo à la demande dans ledit pays.

Une fois ces règles entrées en vigueur, chaînes audiovisuelles comme plateformes en ligne auront également obligation de « mettre en place des mesures appropriées pour lutter contre les contenus incitant à la violence, à la haine et au terrorisme, tandis que la violence gratuite et la pornographie devront être soumises à des règles plus strictes », explique le Parlement européen. Les plateformes de vidéos devront également réagir rapidement lorsqu'un contenu sera signalé comme dangereux par des utilisateurs.

Netflix double ses investissements en France

Quatre ans après son arrivée en France, Netflix a annoncé l’ouverture d’un bureau parisien d’une vingtaine de personnes – sans studio – et le lancement de sept nouveaux programmes français venant s’ajouter aux sept programmes exclusifs déjà présentés – comme Osmosis.

« Nous allons doubler nos investissements dans les contenus originaux tricolores », a indiqué Reed Hastings, le fondateur de Netflix – ce qui représente « plusieurs dizaines de millions d'euros ». « Notre bassin d'abonnés en France, autour de 3,5 millions, grossit suffisamment vite pour justifier ces nouveaux investissements », a expliqué Reed Hastings, ajoutant que le nombre de programmes exclusifs pourrait plus que doubler à l'avenir si le succès était au rendez-vous. A terme, le but est, selon Le Monde, de produire dix à douze nouvelles œuvres par an en France.

Selon Le Figaro, Netflix – qui consomme 15% de la bande passante dans le monde – a tout intérêt à investir davantage dans les contenus locaux. D'une part, parce que Bruxelles va bientôt obliger toutes les plateformes à exposer au moins 30% d'œuvres européennes. D’autre part parce que, en France comme ailleurs, les sources d'approvisionnement sont en train de se tarir, les diffuseurs préférant conserver leurs contenus plutôt que de les vendre à Netflix – comme le montre, en France, l'alliance entre France Télévisions, TF1 et M6.

Par ailleurs, selon Numerama, après avoir effectué des tests auprès d’un petit nombre d’utilisateurs, Netflix renonce à déployer des publicités entre les épisodes d’une même série. « Même si ce n’était pas de la publicité à proprement parler, ça avait l’air d’être de la publicité », a admis Reed Hastings, conscient du mécontentement généré par ce test.

 



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