Media Week Report - 6 juin 2019

 

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur les plans d’économies annoncés en France par le groupe Figaro et Radio France, qui devraient permettre, en autres choses, une modernisation des métiers vers le numérique. Autre rationalisation, le rapprochement du groupe italien Mediaset et de l’Allemand ProSiebenSat.1 – qui suit de près le rachat par le Français Canal+ du Luxembourgeois M7. S’il est encore trop tôt pour parler de consolidation européenne des médias, le paysage media est bel et bien en mouvement en Europe. Outre Atlantique, les autorités américaines se penchent – enfin – sur le cas des Gafa, et leurs pratiques anti-concurrentielles.


Au Figaro et à Radio France, la modernisation des métiers vers le numérique s’accompagne d’importantes économies

Le groupe Figaro et Radio France ont chacun annoncé d’importants plans d’économies qui devraient notamment permettre une modernisation des métiers vers le numérique.

Marc Feuillée, directeur général du groupe Figaro, a ainsi annoncé des mesures d'économies, concernant notamment les rédactions du groupe. À une époque où les ressources publicitaires sont en baisse et où le but est d'augmenter le nombre d’abonnés numériques (et donc les revenus du numérique), Marc Feuillée prévoit de supprimer entre 30 à 40 postes de journalistes, sur 450, en 2019, indique Le Monde.

Les départs devraient se faire sur la base du volontariat, a précisé Marc Feuillée, l’objectif étant d’embaucher de nouveaux profils plus adaptés aux défis numériques. Le but ultime ? Economiser trois millions d'euros sur la masse salariale, et cinq millions au global, et continuer à investir, ou réinvestir, grâce à cette marge de manœuvre financière.

Une idée partagée par le groupe Radio France. Le plan stratégique sur quatre ans présenté par Sibyle Veil, présidente du groupe public, prévoit ainsi 60 millions d'euros d'économies pour moderniser les métiers vers le numérique, et faire face à la baisse du budget de l’Etat ainsi qu’une hausse des charges – ce qui, précise Le Figaro, représente le triple de ce qui avait été annoncé jusque-là.

Selon Le Monde, Sibyle Veil souhaitant faire évoluer les compétences en interne, l’accent va être mis sur les formations qui devraient tripler en trois ans. Les priorités d'investissement du groupe radiophonique ont également été évoquées (aucune radio du groupe ne devrait être supprimée), ainsi que la création de podcasts ou d’une offre jeune. 

Mener rapidement à bien ce plan d'économies est impératif dans la mesure où d’autres chantiers attendent Radio France, rappellent Les Echos. Comme la réforme du service de l'audiovisuel public qui prévoit notamment le développement de synergies, déjà en cours, entre France 3 et France Bleu, ou encore les projets numériques dont le budget doit augmenter de 40 % sur quatre ans, notamment pour financer la mise en place de six fréquences nationales pour la radio numérique terrestre.


Rapprochement de l’Italien Mediaset et de l’Allemand ProSiebenSat.1

Le groupe italien Mediaset a annoncé avoir acheté 9,6 % de son homologue allemand ProSiebenSat.1 – une opération « amicale », selon Mediaset qui vise, d’après Les Echos, à résister face à la montée en puissance de l'américain Netflix et des acteurs de la vidéo à la demande par abonnement comme Amazon Prime.

Si la réponse aux grands groupes américains ne peut pas être purement nationale, un mouvement plus large de consolidation européenne des médias peine à émerger – l'Europe, précise Jean-Baptiste Sergeant, analyste chez Mainfirst, pour Les Echos, étant constituée de marchés locaux avec des langues différentes, et la négociation des droits avec les producteurs se faisant pays par pays.

Mediaset Italia et Mediaset España, ajoutent Les Echos, sont par ailleurs déjà alliés avec ProSiebenSat.1 dans l'European Media Alliance (Ema), un regroupement visant à développer des économies d'échelle entre télévisions européennes.

Avec ce rapprochement, qui est loin d’être anodin, Mediaset – qui possède désormais 9,9 % des droits de vote – devient le premier actionnaire du groupe allemand devant plusieurs fonds d'investissement.


Les Gafa désormais dans le viseur des autorités américaines

La Commission européenne n’est plus toute seule à cibler les Gafa. Sous la pression de républicains comme de démocrates au Congrès, probablement avec l’assentiment de la Maison blanche, les autorités anti-trust américaines s’organisent pour examiner les pratiques commerciales des quatre plus grands du secteur internet, et le Département américain de la Justice et la Federal Trade Commission (FTC) se sont entendus pour se partager le travail.

La Federal Trade Commission, l'autorité de protection des consommateurs américains, va ainsi s'occuper du cas d'Amazon, d'après le Washington Post, ainsi que de Facebook. Google et Apple sont quant à eux dans le collimateur du département américain de la Justice, d'après le Wall Street Journal et Reuters et ce pour pratiques anti-concurrentielles.

L'administration de Donald Trump, résume Le Figaro, attaque ainsi pour la première fois frontalement les géants du numérique sur le plan de l'anti-concurrence. Pour Les Echos, la menace est désormais sérieuse si l’on en juge, notamment, par  les dépenses en lobbying à Washington de l'industrie du numérique – celles-ci ont atteint un record de 78 milliards de dollars l'année dernière, dont 22 milliards pour Google, 14 milliards pour Amazon et 13 milliards pour Facebook.




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