Media Week Report - 8 décembre

Cette semaine, le Media Week Report vous présente le nouveau design de Snapchat, qui vise à séparer l’aspect social des médias. Facebook teste pour sa part une version de Messenger adaptée aux enfants de plus de six ans et à leurs familles, alors que Twitter lance sa version allégée conçue pour les pays en voie de développement, Twitter Lite. Question recettes publicitaires, les médias historiques continuent à souffrir dans leur ensemble ;  pris individuellement, leurs évolutions sont contrastées.  


Snapchat fait peau neuve


media week report

Le déploiement de la nouvelle version de Snapchat, commencé vendredi 1er décembre, se poursuivra dans les prochaines semaines, dans un effort de simplification dont le but est de toucher un public plus large que son cœur de cible de moins de 35 ans (en 2016, 85% des utilisateurs de Snapchat étaient âgés de moins de 35 ans). L’idée est de simplifier l’adoption du réseau auprès de toutes les populations.

Avec son nouveau design, Snapchat séparera social et média ; c’est l’un des points principaux de la refonte. Les contenus émanant des amis et ceux proposés par les éditeurs seront désormais séparés.

« Jusqu'à présent, les ré­seaux sociaux ont toujours mé­langé photos et vidéos de vos amis et contenus créés par des éditeurs ou des créateurs professionnels. Cette frontière volontairement floue […] comporte un grand nom­bre d'inconvénients, comme des "actualités" infondées ou inven­tées de toutes pièces et partagées à grande échelle », déclare Snap dans un communiqué, égratignant au passage Facebook, accusé d’avoir propagé des fake news.

Le message s'adresse aussi aux éditeurs. Snapchat souhaite les sé­duire en leur assurant un espace d'exposition libéré des criti­ques faites aujourd'hui aux ré­seaux sociaux concurrents. A l'inverse de ce qui peut se passer sur Facebook ou Twitter, les portes de Discover (hub presse) ne sont ouvertes qu'à des éditeurs de contenus approuvés par Snapchat, dont il surveille les publications, ou à des contenus dont il assure lui­ même la sélection.

Par ailleurs, comme l’indique Siècle Digital, Snapchat s’oriente davantage vers une personnalisation de type Netflix que de type Facebook, les nouveaux algorithmes traitant les informations en fonction des intérêts de chaque utilisateur, non en fonction des intérêts des amis de l’utilisateur, ou des amis d’amis. S'inspirant donc de Net­flix, la nouvelle version de Snapchat intègre une part d'intelli­gence artificielle pour recommander aux utilisateurs des nouveaux contenus dans Discover. La même technologie est utilisée pour permettre aux utilisateurs d'accéder prioritaire­ment aux publications des amis avec lesquels ils ont les contacts les plus réguliers. Snapchat espère ainsi retenir plus longtemps son audience sur l'application, et mieux la monétiser auprès des annonceurs.

Selon Le Monde, en cloisonnant les conte­nus des amis et ceux produits par des éditeurs, Snap encourt le ris­que que les utilisateurs, n'utili­sant l'application que pour échanger avec leurs proches, pas­sent totalement à côté des conte­nus de Discover, alors que c'est de là que Snap peut escompter ti­rer le plus de revenus.

Un pari risqué pour Snap qui traverse une période difficile – en novembre, Snap présentait des résultats financiers décevants, avec une perte nette de 443 millions de dollars, et des indicateurs d’audience inquiétants.

  

Twitter Lite : Twitter s’allège pour cibler les pays émergents


Twitter a annoncé le 30 novembre le déploiement dans 24 pays de son petit frère, Twitter Lite, disponible uniquement sur Android : la liste des pays concernés comprend entre autres l’Algérie, le Brésil, le Nigeria, le Pérou, la Serbie, la Tunisie et le Venezuela.

Twitter Lite, testé aux Philippines en septembre, se différencie de la version standard du réseau social pour sa consommation de data très limitée, et par nombre de fonctionnalités imaginées pour des utilisateurs qui disposent d’infrastructures télécom et de smartphones moins performants. Par exemple, l’application se charge plus rapidement sur les réseaux 2G et 3G, inclut des options de support en cas de perte de connexion, ainsi qu’un mode de réduction de la consommation des données, souligne Zdnet.fr. Même la taille de l’application a été revue : Twitter Lite ne dépasse pas les 3 Mo.

L’objectif de cette nouvelle opération ? Booster la croissance en berne du réseau à l’oiseau bleu grâce au pays émergents. Jesar Shah, product manager de Twitter, a expliqué dans une déclaration reprise par Presse-Citron.net que, lors des tests, l’entreprise avait observé une hausse de l’engagement de 50%.

Avec ce nouveau produit, Twitter Lite emboîte le pas à d’autres géants de l’économie digitale. Comme annoncé par un Media Week Report de novembre 2016, Facebook a aussi lancé une application allégée, Facebook Lite.

 

Un Messenger adapté aux enfants


Après avoir échangé avec des milliers de parents, d’associations et d’experts, Facebook a commencé à tester aux Etats-Unis Messenger Kids, une version de l’application adaptée, selon Le Figaro, aux enfants de six ans ou plus et à leurs familles – les enfants ayant besoin de pouvoir se connecter facilement à leurs proches (leurs grands-parents à l’autre bout du monde, leurs cousins à l’autre bout de la ville ou leur maman au travail), les parents ayant besoin de protéger l’accès à Internet de leurs enfants et d’avoir un contrôle renforcé sur les activités de leurs bambins.

Si les comptes Messenger Kids ne seront associés à aucun compte Facebook – le réseau social restant interdit aux moins de treize ans – l’application officialise pour la première fois la présence de ces mêmes moins de treize ans sur Facebook.

D’un point de vue pratique, Messenger Kids peut être installée sur une tablette ou un smartphone appartenant, ou non, à l’enfant et peut être contrôlée depuis le compte Facebook d’un des parents. Les parents recevront directement sur leur compte les requêtes des personnes extérieures qui souhaiteraient échanger avec leurs enfants. Par ailleurs, grâce à la liste des contacts, ils pourront également savoir qui gère les profils Kids pour pouvoir éventuellement contacter les parents concernés.

Pour le fun, Messenger Kids est truffé de stickers, GIF, filtres et autres gadgets visant à égayer discussions vidéo, photos et messages. Par ailleurs, aucune publicité ne viendra s’afficher sur Messenger Kids et aucune donnée ne sera utilisée à des fins publicitaires.

 

Les médias historiques ont vu leurs recettes publicitaires baisser sur les neufs premiers mois de l’année


Selon le bilan publié par l'Irep, France Pub et Kantar Media, les recettes publicitaires des médias français (hors média digital) ont baissé de 3,2% sur les neuf premiers mois de l’année, passant de 6 010 millions d’euros à 5 819 millions d'euros.

« Dans l'hypothèse où la croissance du digital serait du même ordre que celle de 9,8 % enregistrée au 1er semestre 2017, le marché serait stable », a précisé Philippe Legendre, directeur délégué à l'Irep, comme le rapporte Les Echos

Si les médias historiques continuent à souffrir dans leur ensemble, les annonceurs optant de plus en plus pour les supports numériques, chacun d’eux affiche des évolutions contrastées. Ainsi, le cinéma, en nette hausse de 11,7 %, et l'affichage digital (+15,5 %) sont parvenus à tirer leur épingle du jeu. La radio, en revanche, a vu ses recettes publicitaires nettes accuser une chute de 4,2 %. La tendance baissière se poursuit pour la presse, avec une érosion de 7,4 % des recettes publicitaires. La télévision s’avère, quant à elle, proche de la stabilité, avec une évolution de -0,3%.




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