Media Week Report - 9 mai

Coup de projecteur, dans le Media Week Report de la semaine, sur les atouts et les faiblesses d’Instagram qui essaye de devenir une plateforme de shopping. Verizon cherche, de son côté, un repreneur pour Tumblr. Du côté des médias traditionnels, le Guardian parvient à l’équilibre, réussissant ainsi une transition digitale atypique.


Instagram, atouts et faiblesses d’un réseau social influençant la mode et le e-shopping

Selon Homme Urbain, la mode est influencée par Internet, tout particulièrement par Instagram, qui compte aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs. Pour preuve, d’après les données communiquées par la direction d’Instagram, la production de contenus vidéo lors de la Fashion Week a augmenté de 40% en 2018 par rapport à l’année précédente.

Instagram, « c’est le réseau N°1 quand on parle d’influence », explique Nicolas Kern, conseiller d’instagrameurs chez Devenir Influenceur. « Nous sommes dans une ère où certains internautes n’ont plus confiance dans les médias traditionnels de la mode. Ils privilégient la parole d’influenceurs car ils se projettent en eux ».

Les internautes privilégient même les petits instagrameurs, précise Christophe Manceau, directeur planning stratégique chez Kantar, division Media : « Il faut faire la distinction entre influenceurs et leaders. Globalement, les utilisateurs d’Instagram ont plus confiance en leurs pairs que dans les célébrités. Les influenceurs qui comptent moins de 100 000 abonnés sont beaucoup plus écoutés que les influenceurs star. L’authenticité est la clé de la réussite de la communication sur ce réseau social ».

Fort de cet atout, Instagram veut devenir une plateforme de shopping, rapporte Business Insider France. Problème, de nombreux produits contrefaits transiteraient via la plateforme. Ainsi, d’après Ghost Data, le nombre de comptes actifs proposant des articles frauduleux sur Instagram a augmenté de 171% au cours des trois dernières années, et le nombre de publications frauduleuses est passé à 64 millions en 2019 – soit une hausse de plus de 341%.

Selon le rapport, « la vente en ligne d'articles contrefaits et de faux produits de luxe est devenue une économie souterraine valant plusieurs milliards de dollars. Une économie qui exploite le succès et les fonctionnalités de l'application Instagram ». Mais pas seulement. D’après Business Insider France, Facebook serait aussi confronté à des problèmes similaires.


Verizon cherche à se séparer de Tumblr

Selon le Wall Street Journal, Verizon aurait passé les dernières semaines à contacter diverses entreprises pour évaluer leur intérêt pour Tumblr, plateforme de blogging que le groupe a incorporée suite au rachat de Yahoo en 2017 et qu’il chercherait désormais à céder.

Sur le déclin, Tumblr – qui s’est récemment trouvé au cœur d’un scandale concernant les nombreux contenus pornographiques disponibles sur la plateforme – dispose toujours d’une importante base d’utilisateurs actifs, et compte encore 450 millions de blogs. Selon Presse Citron, qui revient sur des déclarations faites début mai par le vice-président de PornHub, Corey Price, à BuzzFeed News, le site X serait intéressé. Siècle Digital rappelle que, suite aux scandales et à trois semaines de suspension de son application mobile sur l’App Store d’Apple, en décembre dernier Tumblr a bloqué tout contenu pour adultes, ce qui a engendré une baisse considérable du trafic sur la plateforme.

Ni Yahoo, l’ancien propriétaire de Tumblr, ni Verizon ne sont parvenus à tirer pleinement parti de ce réseau social dont la valeur a chuté ces dernières années. Le Figaro souligne d’ailleurs que Tumblr est un « ovni » dans l’univers des médias sociaux, car, en plus de permettre un certain anonymat, il ne propose pas de dispositifs de publicité ciblée monétisables.

 

Pari réussi pour le Guardian

Pour la première fois depuis vingt ans, le quotidien britannique le Guardian – propriété de la fondation Scott Trust qui l'a toujours renfloué – affiche, pour son exercice 2018-2019, un bénéfice d’exploitation de 800 000 livres. Merci au plan de redressement, sur trois ans, activé en 2016 !

Pour atteindre l’équilibre, le quotidien a coupé dans ses coûts – avec 450 départs non remplacés, et un passage au format tabloïd – et a accéléré sa transition digitale – bien différente de celles de ses concurrents. Pas de paywall pour le Guardian qui a opté pour des donations sans contrepartie, garante d’un journalisme de grande qualité accessible à tous. Aujourd'hui, le journal compte un total de 655 000 contributeurs réguliers, qu’il espère faire grimper à 2 millions d'ici à 2022.

Pour Le Figaro, le modèle du Guardian, basé sur les donations, est difficilement réplicable ailleurs en raison de la forte identité du journal britannique, soutenue par une large communauté.

Aujourd’hui, la publicité papier ne représente plus que 8% des recettes du Guardian, et le pôle digital représente 55% des revenus.



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