PR Report - 13 mars 2020

Cette semaine, le PR Report revient sur l’initiative, par Google, de négocier des accords de licence avec des médias, tandis que les médias traditionnels, eux, continuent à s’adapter à la nouvelle donne digitale. Ainsi, le Washington Post se fait un nom sur TikTok, tandis que The Independent annonce, pour la troisième année consécutive, des bénéfices malgré la fin de son édition papier en 2016. Autre belle initiative en France, le lancement de GIVE, nouvelle publication papier et numérique qui veut associer éditorial et brand content. Enfin, Kantar dresse le bilan médiatique des César 2020. Bonne lecture !

Google négocie des accords de licence avec des médias

Alors que Google est sous pression judiciaire pour respecter la directive européenne de droit voisin au bénéfice des éditeurs et agences de presse, le géant de la Silicon Valley a entamé des négociations pour des accords de licence avec des éditeurs de presse, afin d'atténuer les critiques l’accusant de tirer des bénéfices indus de leurs informations, rapportent La Tribune, Stratégies et Ouest-France. Selon des sources proches des discussions, les éditeurs concernés seraient pour la plupart en France et en Europe.

Payer pour des informations serait un réel revirement pour Google ! Toutefois, Google a toujours refusé de payer pour les liens vers des articles qui apparaissent dans les résultats de recherches – faisant valoir que la firme génère du trafic vers les sites d'information, et aide ainsi leurs éditeurs à engranger des recettes publicitaires – et la firme n'a pas changé de position sur ce point. Ainsi, selon le Wall Street Journal, Google réfléchit à des accords pour développer des informations premium.

Contacté par l'AFP, Google a indiqué vendredi 14 février chercher de nouvelles façons d'aider les éditeurs : « Nous voulons aider les gens à trouver du journalisme de qualité – c'est important pour une démocratie bien informée et cela aide à soutenir un monde des médias durable », a déclaré Richard Gingras, vice-président de Google pour l'information, dans un communiqué. Avec son programme Google News Initiative, le géant travaille déjà avec des éditeurs pour stimuler leur audience et leurs abonnés payants.

Facebook, confronté à des critiques similaires, a lancé en octobre un fil d'actualités dédié au journalisme de qualité, afin de soutenir la presse et d'endiguer le flot de désinformation. Son Président Mark Zuckerberg avait alors indiqué que certains médias partenaires de cette opération seraient rémunérés, sans préciser combien ni selon quelles formules.

La presse papier s’adapte… Le Washington Post est sur TikTok, The Independent reste rentable

Selon l’ADN, le compte TikTok du Washington Post, en grande partie piloté par Dave Jogenson, cartonne avec 374 400 abonnements. La plupart des vidéos prennent une actualité ou un évènement historique qui n’intéresse, a priori, pas les jeunes et les détournent à l’aide d’une mise en scène et de fonds musicaux joués en playback. Le compte est aussi utilisé pour faire des mini-reportages, ou pour illustrer ce qu’est le métier de journaliste et révéler les coulisses du journal. Selon The Atlantic, le journaliste peut passer jusqu’à 4h par jour à créer ce qu’il considère comme une Cartoons Vidéo, venant remplacer les dessins d’humour habituellement en presse papier. L’objectif ? Rajeunir l’audience, bien sûr, mais aussi – et surtout – générer de nouvelles ressources. Comme l’explique Michelle Jaconi, directrice de la branche vidéo du média, les vidéos TikTok sont tout aussi utiles que la section mots croisés qui pendant longtemps fut dénigrée par les lecteurs. Car les grilles à présent très réputées du média représentent de véritables entrées d’argent et une source de nouveaux abonnements !

Quant au titre britannique The Independent, qui a renoncé au papier dès 2016, il reste rentable : pour l'exercice clos en septembre 2019, l'entreprise a enregistré des profits opérationnels de 2,3 millions, contre 3 millions lors de l'exercice précédent. Avec 95 millions de visiteurs uniques mensuels dans le monde dont 30 millions aux Etats-Unis et 25 millions en Grande-Bretagne, il est en tête des quotidiens, assure John Paton, président du conseil. La croissance des revenus vient de l’expansion géographique et, explique John Paton, du savoir-faire de son équipe numérique, considérablement renforcée, pour « traiter des informations très sérieuses pour qu'elles deviennent virales comme Buzzfeed sait le faire : cela nous permet de capturer une bonne part de la croissance de la publicité numérique que Google et Facebook ne s'approprient pas ». Pour réussir à prendre à Google et Facebook une partie de la croissance de la publicité numérique, The Independent mise en effet sur les investissements rédactionnels et le recrutement.

GIVE, le nouveau magazine qui associe éditorial et brand content

Le groupe Condé Nast France – qui procède actuellement au démantèlement de sa marque « Glamour » en France – s’apprête à lancer un nouveau média baptisé GIVE, pour Générosité, Innovation, Valeur, Emotion. Cette nouvelle publication, papier et numérique, veut fédérer autour de thèmes sociétaux porteurs (la recherche médicale, l'environnement...) en adoptant un ton optimiste. Le premier numéro sera diffusé fin mars, révèle mindnews.fr. 

« La crise des gilets jaunes a montré une société divisée. Mais en même temps, lors de l’incendie de Notre-Dame, nous avons assisté à un vaste élan de solidarité mondial. Cela a été le déclic pour nous », a expliqué Mme Herz, directrice de la publication, à CB News. « On s’est dit qu’il n’y avait pas de médias pour parler de l’engagement des gens et des marques alors que celles-ci ont le sentiment de devoir participer à la vie de la société, aux actions solidaires de manière durable », assume-t-elle. Ainsi, la sortie de GIVE sera systématiquement associée à un événement. Pour son premier numéro, le magazine donnera la parole à l’association Imagine, la fondation de l'Hôpital Necker dédiée aux maladies génétiques, qui organise sa soirée de gala annuel le 30 mars.   

GIVE, c’est « réconcilier les gens avec les marques via des histoires intéressantes », s’enthousiasme Sarah Herz. En ambitionnant un contexte éditorial « très valorisant » pour les marques, les équipes de GIVE ont séduit notamment Clarins, Chanel, ou encore Dom Pérignon, indique CB News. « C’est un nouveau modèle de création de media hors des sentiers battus. On invente le modèle en le faisant », explique Sarah Hertz. Pour chaque nouveau numéro, il « faut d’abord l’opportunité éditoriale, trouver de bons sujets, les bons partenaires et la bonne cause. Et à chaque cause, nous implémenterons un modèle différent », précise-t-elle.

Kantar dresse le bilan médiatique des César 2020

Kantar publie l’étude intitulée « Les César 2020 – Baromètre du bruit médiatique » sur la couverture médiatique de la 45ème Cérémonie des César, qui s’est déroulée sous haute-tension à cause des polémiques qui secouent le cinéma français – dont la nomination du film « J’Accuse » de Roman Polanski.

L’analyse UBM de l’ouverture de la cérémonie révèle que chaque français a été exposé à 8 messages durant quatre jours, temps de la médiatisation de l’évènement, principalement via la presse en ligne et la TV. MSN News France et l’émission Quotidien, par exemple, ont accordé à la cérémonie une forte visibilité.

Kantar compare également la Cérémonie des César 2020 à d’autres événements culturels majeurs de 2019. Ainsi, l’ouverture du Festival de Cannes et la soirée des César ont tous deux généré une exposition médiatique de trois messages pour chaque français.

 



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