PR Report - 3 juillet 2020


Cette semaine, pleins feux, dans le PR Report, sur
le Digital News Report de l’Institut Reuters.  Si les internautes sont de plus en plus nombreux à payer pour accéder à l’information, tous les éditeurs n’en profitent pas. Par ailleurs, des craintes émergent quant à l’iniquité de l’accès à une information de qualité. Autre rapport, de Kantar cette fois, sur l’évolution de Earned Media avec la crise sanitaire. Côté marques, tandis que certaines sont contraintes, par les mobilisations anti-racistes, à repenser certaines approches, d’autres en France jouent la carte du climat en pleine convention citoyenne.


Digital News Report : le Covid accélère la transition vers le digital media

Comme le montre le Digital News Report de l’Institut Reuters – une étude auprès de 80 000 participants – le confinement a eu, sans surprise, un impact sur les habitudes médias dans les 40 pays étudiés.

Comme le Social Report l’indiquait dès le 10 avril, le Digital News Report confirme que les médias en ligne ont vu leur audience grimper. L’utilisation des réseaux sociaux comme source, parfois principale (notamment chez les 18-24 ans), d’informations est également en hausse. Au Royaume-Uni, 24% des jeunes consultent les informations sur Instagram, tandis que 19% vont sur Snapchat. Plus généralement, 35% des personnes interrogées utilisent Facebook pour s’informer.

Autre bonne nouvelle, les internautes sont de plus en plus nombreux à payer pour accéder à l’information – avec une progression du nombre de lecteurs payants de 20% aux États-Unis, de 26% dans les pays nordiques et de 14% en Australie. En France, la progression est moindre avec 10% de lecteurs payants en plus. Cela dit, tous ne profitent pas de cette manne financière. Seuls les plus gros acteurs de presse remportent de nouveaux abonnés payants. En Grande-Bretagne, le Times et le Telegraph réunissent à eux deux 59% des abonnements payants ; aux États-Unis, le New York Times et le Washington Post en regroupent 70%. Beaucoup d’éditeurs signalent en effet que leurs revenus publicitaires ont diminué de moitié, et certains journaux papier ont dû arrêter leurs éditions et licencier du personnel.

Le taux de confiance global dans les médias est, quant à lui, en baisse de 4 points, à 39%, par rapport à l’étude 2019. De nombreuses personnes interrogées s'inquiètent notamment des niveaux croissants d'inégalité face à l'information – ceux qui ont moins d'argent devant compter sur des informations et des médias sociaux de moindre qualité, les plus aisés pouvant se permettre l’accès à des informations de qualité. Aux États-Unis, près d'une personne sur quatre (24%) se dit préoccupée par l'inégalité de l'information.


Kantar : le Covid fait évoluer RP et Earned Media

Alors que l’information digitale a, avec la crise du Covid-19, atteint des audiences record sur tous les continents et que les Etats ont placé la presse dans la liste des biens essentiels, les investissements publicitaires se sont effondrés, touchant de plein fouet un secteur déjà fortement mis à mal, indique Kantar dans un nouveau rapport sur le Earned Media repris par la Correspondance de la Publicité.  

La pandémie, note Kantar, a accéléré des tendances de fond observées depuis plusieurs années avec, notamment, un retour des médias institutionnels, la résistance de la presse papier, une accélération du digital mais aussi un retour de la confiance des consommateurs envers les journalistes et marques médias. Tout cela pousse les professionnels des RP à communiquer dans des médias mainstream fiables (qui leur confèrent autorité et crédibilité), à s’adapter au slow reading en prenant le temps de bien expliquer les choses et de fournir des contenus de valeur, et à adapter leurs communications aux différents types de médias, notamment aux canaux digitaux.

Diversifier ses communications, c’est aussi palier la baisse des ventes du print et la chute drastique de la publicité. Diversifier, c’est également s’adresser aux influenceurs sur les réseaux, aux leaders de communautés et aux créateurs, explorer les nouveaux médias indépendants ou associatifs, traquer les médias émergents. Connaître la complexité du digital, c’est savoir s’ajuster et mieux y répondre. Dans ce contexte, le format vidéo, révélé entre autres par la montée foudroyante de TikTok, s’impose. Par ailleurs, si les communautés sont une cible pour les marques et les communicants, elles ne sauraient être exclusives au risque de cultiver l’entre-soi. Là encore, le mot d’ordre est de diversifier ses canaux de communication afin de répondre à l’ensemble des générations. Autre tendance accélérée par le Covid, l’importance des valeurs. Mais attention. Si communiquer sur ses valeurs devient un must have pour toute campagne, le brand bashing n’est pas loin pour ceux dont les discours seraient éloignés de la réalité. Ainsi, par exemple, un influenceur ne doit plus simplement être un générateur de likes ; il doit également répondre aux valeurs éthiques de la marque.

Retrouvez toutes les tendances dans le rapport, disponible en ligne !


Les manifestations anti-racistes incitent les marques à revoir leur copie

Aux Etats-Unis surtout, mais aussi en France, en Inde ou en Australie, les marques sont sous pression suite à la colère survenue depuis la mort, fin mai, de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Plusieurs groupes américains ont annoncé leur intention de modifier leur identité visuelle, tels que Mars, qui dit réfléchir à faire évoluer son célèbre Oncle Ben's, rapporte L’Express. Quaker Oats (PepsiCo) a également promis de retirer d'ici la fin de l'année sa Tante Jemima, une femme noire qui ornait depuis 130 ans son sirop d'érable et ses préparations pour pancakes.

Le géant américain Johnson and Johnson a, pour sa part, décidé d’interdire la vente de substances éclaircissantes conçues pour l'Asie et le Moyen-Orient. « Le débat des dernières semaines a mis en évidence le fait que certains noms ou promesses figurant sur nos produits Neutrogena et Clean & Clear visant à réduire les taches, représentaient la blancheur ou la clarté comme étant meilleures que votre teint, unique », déplore le groupe dans un communiqué.

La filiale indienne d'Unilever va moins loin, choisissant de rebaptiser sa crème éclaircissante pour la peau commercialisée sous le nom de Fair & Lovely en supprimant le mot « fair ». Même décision chez L’Oréal qui promet de retirer certains mots tels que « white / whitening », « fair / fairness », « light / lightening » des emballages de ses produits cosmétiques destinés à uniformiser la peau.

Effet ricochet, le mouvement avec pour mot d’ordre #StopHateForProfit, initié par l’appel lancé le 17 juin par sept associations connues pour leur lutte contre les discriminations ayant pour cause immédiate l’inaction de Facebook face aux propos très violents de Donald Trump lors des manifestations Black Lives Matter, prend de l’ampleur. Selon Viuz, de grandes marques viennent d’annoncer qu’elles suspendaient leurs investissements, certaines sur Facebook, d’autres sur les média sociaux en général, sur des durées allant jusqu’à la fin de l’année. 


76 entreprises s'emparent de l'urgence climatique

Dans une tribune pour le Journal du Dimanche, 76 entreprises – dont Danone, Actes Sud ou Biocoop – expriment leur soutien aux travaux de la Convention citoyenne pour le climat.

« Le monde change, nos clients changent, nos salariés changent. Nos entreprises doivent donc changer », constatent les signataires. « Nous pensons que nos entreprises ne connaîtront pas d'avenir durable dans un monde dépendant des énergies carbonées », ajoutent-ils.

« Nous nous emparerons donc de vos propositions pour en approfondir les conditions économiques et les inscrire dans une feuille de route en cohérence avec nos responsabilités sociales », précisent-ils.





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