Media Week Report - 1er septembre

Cette semaine, le Media Week Report vous invite à suivre Altice sur son nouveau terrain de jeu, le cinéma et les séries. Snapchat pourrait, lui aussi, se mettre aux séries ou, du moins, à ce que le groupe appelle pudiquement du « contenu scripté ». Quant à Facebook, il veut désormais aider les éditeurs médias à développer leurs abonnements tout en interdisant de pub les pages renvoyant vers de fausses informations – une nouvelle mesure dans sa lutte contre la propagation de fake news.

 

Altice entend devenir d’ici deux ans un acteur majeur dans le cinéma et les séries, en investissant 40 millions d’euros par an dans la production de contenus

  

Dans une interview pour Le Monde, Michel Combes, directeur général d’Altice, défend la convergence télécoms-contenus, la présentant comme la stratégie des acteurs gagnants aux Etats-Unis ou au Royaume Uni. Altice veut devenir, d’ici dix-huit à vingt-quatre mois, un acteur majeur dans le cinéma et les séries, indique-t-il. Michel Combes, qui veut bousculer la chronologie des medias and France, ne souhaite pas nouer d’accord avec la filière cinéma – un schéma qu’il considère « totalement obsolète ». La salle de cinéma, explique-t-il, est un élément majeur du dispositif qu’il faut préserver. Mais, selon lui, la télévision payante et la vidéo à la demande par abonnement étant « du pa­reil au même pour l'utilisateur », il vaut mieux aligner les délais de diffusion. Ouvrons l’accès au secteur, plaide Michel Combes, et des acteurs, comme nous, investirons dans la création française et européenne.

Altice Studio, la chaîne dédiée aux séries et au cinéma qui est visible par les clients de SFR depuis le 22 août, investira en effet 40 millions d’euros par an pour produire ses propres contenus, a indiqué Alain Weill, le patron des activités médias d’Altice, lors d’une conférence de presse reprise par des sources comme Les Echos ou Le Figaro. « Nous allons produire chaque année pour environ 40 millions d'euros de séries et de films, dont environ 20 millions dans le cinéma et les séries européens », une somme qui « aura vocation à augmenter avec le développement de notre chaîne », a précisé Alain Weill, ajoutant qu’Altice Studio dispose d'un budget consequent de 160 millions d'euros.

Le groupe – qui veut produire au moins trois films par an, et des séries – a déjà posé des fondations dans la création de contenus, en préfinançant Place Publique, le prochain opus d'Agnès Jaoui et Jean-Michel Bacri, et en participant à des séries internationales telles que Riviera ou Les Médicis.  

Altice Studio bénéficie par ailleurs d'un accord d'exclusivité signé avec le groupe américain NBC Universal, lui donnant accès à un très large catalogue de productions hollywoodiennes, complété par d'autres accords dont un récemment conclu avec Paramount.

Si le groupe n’a pas voulu signer d’accords avec les organisations professionnelles du secteur, Alain Weill a promis que la chaîne serait exemplaire. « Nous respecterons la réglementation française en matière de quotas de production et de chronologie des médias, même si nous voulons que cette dernière évolue », a-t-il indiqué.

En s’attaquant, après le foot, aux séries et au cinéma, Altice (SFR) continue donc à défier Canal+ et à marcher sur les plates-bandes d’Orange.

 

Snapchat pourrait se lancer dans le contenu scripté

  

Selon Variety, Snapchat, le réseau social le plus populaire chez les jeunes, serait en train de travailler sur ses propres programmes originaux, et pourrait lancer ses premiers contenus d’ici la fin de l’année. C’est ce qu’a semblé indiquer Nick Bell, le responsable des contenus de Snapchat, lors du Festival International de la Télé d’Edimbourg, en parlant de « contenu scripté »

Jusqu’à présent, Snapchat a collaboré avec de gros groupes tels que NBC ou ABC afin de créer des mini séries basées sur les célèbres émissions Saturday Night Live et The Bachelor ; et il compte désormais devenir une plus grande plateforme de diffusion vidéo. Fort des 29 millions d’internautes qui ont consulté le journal télévisé de NBC sur son application, Snapchat souhaite en effet faire avancer son concept de téléviseur de poche. 

« Le mobile est la chose la plus complémentaire qui soit arrivée à la télé  », a déclaré Nick Bell. Snapchat, a-t-il précisé, n’est vraiment pas un « TV Killer ». « Nous captons une audience qui ne consomme probablement pas la télé à la même fréquence et avec le même niveau d’engagement que précédemment ».

Snapchat ouvre donc la porte à toutes les grandes marques américaines qui voudraient faire leurs premiers pas sur le mobile auprès d’une audience curieuse, jeune et très active. De belles opportunités en perspective !

 

Facebook veut aider les rédactions à développer leurs abonnements… et interdit de pub les pages renvoyant vers des Fake News

  

Comme Google, Facebook veut aider les éditeurs médias à développer leurs abonnements, a indiqué Mark Zuckerberg sur sa page personnelle Facebook. Facebook pourrait instaurer, via sa fonction Instant Articles, un paywall permettant de lire 10 articles gratuitement avant de se voir proposer une adhésion, avançait le Wall Street Journal dans un article du 12 juin.

« Si les gens s'abonnent après avoir vu des articles sur Facebook, l'argent ira directement aux éditeurs qui travaillent dur pour découvrir la vérité, et Facebook ne prendra pas de commission », a précisé le PDG de Facebook. Mark Zuckerberg dit vouloir commencer une phase de test, avec un petit groupe de médias américains et européens, un peu plus tard dans l'année. 

Facebook annonce, par ailleurs, une nouvelle mesure destinée à lutter contre la propagation de fake news. Les pages Facebook qui diffusent régulièrement des articles mensongers ne seront plus éligibles pour les publications sponsorisées. « Nous franchissons ainsi une nouvelle étape », indique Facebook dans un billet de blog. « A l’heure actuelle, nous n’autorisons pas les annonceurs à diffuser des publicités qui pointent vers des articles marqués, par des organisations tierces de vérification des faits, comme mensongers ». « Si des pages partagent à plusieurs reprises des articles marqués comme mensongers, ces récidivistes ne pourront plus faire de publicité sur Facebook ».

Par ailleurs, après des mois de tergiversations, la Commission européenne a décidé de faire de la lutte contre les fake news une priorité, rapporte Les Echos. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a ainsi demandé à la nouvelle commissaire en charge du numérique, Mariya Gabriel, de « s’attaquer au défi posé par la prolifération sur les plateformes en ligne des fake news ». Si l’intention est là, le procédé reste flou pour parvenir à concilier le respect de la liberté d’expression et le « clair devoir de vigilance ». Mariya Gabriel a toutefois précisé, qu’à l’instar de la lutte contre les propos haineux en ligne, la logique serait moins de légiférer que de rechercher de meilleures pratiques dans la lutte contre la diffusion de fake news.

 




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