Social Week Report - 05 Juin

La délicate question du genre s’invite sur vos réseaux sociaux cette semaine, avec un compte Twitter qui fait du bruit. Facebook pose ses valises à Paris pour développer l’intelligence artificielle et YouTube ne rêve plus que de mobile.

LA QUESTION DU GENRE SE POSE AUSSI SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Les réseaux sociaux ne sont pas épargnés par la question du genre, en pleine lumière médiatique cette semaine. Le 2 juin, les communautés drag-queens et transgenres ont fait savoir qu’elles n’appréciaient pas la politique de Facebook en manifestant devant le siège californien de l’entreprise, à Menlo Park. En cause, l’obligation pour les utilisateurs de Facebook de renseigner leur « nom authentique » sous peine de se voir dénoncés et bannis du réseau. Facebook a bien essayé de mettre en avant la différence entre nom « authentique » et nom « légal », mais les manifestants, regroupés sous la bannière #MyNameIs, réclament toujours la suppression de la possibilité de signaler un compte pour utilisation d’un faux nom.

Coup de projecteur mondial sur la communauté avec le compte Twitter le plus populaire de la semaine, celui de Caitlyn Jenner (@Caitlyn_Jenner), qui a battu le record détenu par Barack Obama en gagnant 1 million de followers en moins de 4 heures. Particularité du compte, il a été ouvert pour annoncer le changement de genre et la naissance de Caitlyn, autrefois connue sous le nom de Bruce. Couverture de Vanity Fair à l’appui, l’ancienne championne de décathlon (dans la catégorie hommes) demande désormais à être appelée sous son nouveau patronyme, Caitlyn.

Si la démarche a été très largement saluée (notamment par le président américain) et le premier tweet du compte retweeté en masse, les commentaires négatifs et désobligeants n’ont pas tardé à fleurir sur le web. Sur Twitter, un bot (robot programmé pour réagir automatiquement à certains mots) a même été créé afin de corriger les erreurs de genre (@she_not_he) des haters et autres Twittos négligents. À tous ceux désignant Caitlyn par Bruce ou par le pronom personnel masculin « he » était envoyé un aimable message de correction indiquant : « It’s she, not he » (c’est « elle », pas « il »).

S’il n’est pas certain que le robot Twitter fasse avancer la cause transgenre, les réseaux sociaux auront donné une belle visibilité médiatique à la communauté, tout en soulignant que le combat contre la transphobie était loin d’être terminé. Fructueuse communication aussi pour le magazine Vanity Fair, qui s’assure ainsi le succès de son édition, à paraître le 9 juin prochain aux États-Unis.

ON EN PARLE AUSSI

YouTube écrit son futur sur mobile

Pour la vidéo en ligne aussi, le futur s’écrira sur smartphone. C’est ce qu’a déclaré le directeur des opérations de YouTube Robert Kyncl au Guardian et à quelques journalistes européens, expliquant que la stratégie de l’entreprise était désormais principalement concentrée sur les usages mobiles du site. Pour la filiale de Google comme pour les autres réseaux sociaux, la croissance se trouve désormais sur smartphone, que M. Kyncl qualifie de « télécommande de notre vie ». La moitié des visionnages sur YouTube se fait déjà sur téléphone, et la tendance devrait encore s’accélérer. YouTube cherche donc à optimiser ses produits pour le mobile, en développer de nouveaux, et faire en sorte que les vidéos puissent être vues dans le monde entier, quel que soit le réseau de télécommunication utilisé. Dans les pays émergents, la présence sur téléphone revêt une importance stratégique cruciale, alors que la population n’a pas toujours de télévision ou de tablette à sa disposition. YouTube entend donc se rendre accessible au plus grand nombre en concluant des accords avec les réseaux locaux, indique le dirigeant. Avis aux annonceurs, M. Kyncl ne manque pas de souligner que l’avenir de la publicité s’écrira également en ligne et sur smartphone, prédisant une mort lente mais inéluctable au cinéma en salle et à la télévision.

L’intelligence artificielle made in Facebook débarque à Paris

Frisson de fierté nationale dans les médias français ces derniers jours, alors que Facebook a annoncé son intention d’installer un centre de R&D sur l’intelligence artificielle dans la capitale. « Facebook va écrire une partie du futur à Paris »titrent même Les Échos. Mark Zuckerberg en rajoute même une couche sur son compte officiel, décrivant la ville comme « l’endroit parfait pour [cette] nouvelle équipe », qui sera constituée à terme de 25 chercheurs ou « FAIRies » (« fées » en anglais, du nom du programme FAIR, « Facebook Artificial Intelligence Research »). Il y a certainement de quoi être enthousiaste, mais rappelons que Facebook a ouvert des centres FAIR un peu partout aux États-Unis, ainsi qu’à Londres. Cocorico tout de même puisque le directeur technique de Facebook, Mike Schroepfer estime qu’il existe à Paris une « concentration de talents […] en matière d’intelligence artificielle […] sans doute la plus importante en Europe ». Le centre parisien établira dans un premier temps un partenariat avec l’Inria (Institut National de recherche en informatique et en automatique) et promet d’autres collaborations. Des doctorants pourront également être accueillis, même si on pressent que les places y seront chères. Comme on vous l’avait déjà expliqué en fin d’année dernière, l’intelligence artificielle s’impose véritablement en tant que priorité stratégique pour Facebook, qui ne manque pas d’idées pour rendre son algorithme toujours plus performant.

La légende des poulets à 8 pattes ne fait pas rire KFC

Ces derniers jours, on parle beaucoup de Gossip, cette appli française qui permet de répandre anonymement des ragots et qui a finalement été suspendue au vu des débordements engendrés dans le cadre scolaire. Pour les marques, c’est un peu la même chose. Un avis très défavorable partagé sur les réseaux sociaux n’est jamais à prendre à la légère, car il pourra être relayé et lu par le plus grand nombre. Pire que l’avis du client mécontent, il y a le hoax, une information fausse propagée spontanément par les internautes qui peut parfois devenir virale. Cette semaine, c’est le géant de la restauration rapide KFC qui fait les frais de rumeurs farfelues sur les réseaux sociaux chinois. L’entreprise a porté plainte contre trois agences de communication chinoises et les accuse d’avoir affirmé que KFC utilisait des poulets génétiquement modifiés dans ses cuisines. Les volailles à la base des produits vendus dans les fast-foods de la marque pourraient ainsi avoir « 8 pattes et 6 ailes » ! Même si la rumeur a de quoi faire sourire, KFC ne rigole pas du tout, réclame 245 000 dollars de dommages et intérêts ainsi que des excuses. Au cas où une nouvelle légende urbaine improbable émergerait en Chine ou ailleurs, on recommande vivement à KFC de s’inspirer de ces community managers au sens aigu de la repartie dont les meilleures perles sont rassemblées sur ce Tumblr plein d’humour.



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