Social Week Report - 11 Mars

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Facebook peut-il devenir le réseau social des morts ? La France va-t-elle mettre fin à la publicité dissimulée sur YouTube ? Snapchat peut-il multiplier par 6 son chiffre d’affaires en 2016 ? Viadéo a-t-il encore un avenir ? On répond à toutes ces questions dans le Social Week Report de la semaine.

Facebook pourrait se transformer en mémorial géant dès 2098

D’ici à la fin du siècle, Facebook pourrait compter plus d’utilisateurs morts que vivants… C’est en tout cas la conclusion glaçante d’un statisticien de l’université américaine du Massachusetts aux États-Unis, dont se fait écho le Daily Mail cette semaine. Pour en arriver là, il faudra tout de même réunir plusieurs conditions, qui ont servi de base aux travaux d’extrapolation du scientifique.

D’abord, la croissance du nombre de nouveaux utilisateurs devra franchement marquer le pas. Une hypothèse pas si farfelue, quand on sait que 70% de la population adulte américaine est déjà titulaire d’un compte sur le réseau social. Ensuite, le scientifique est parti du principe que Facebook n’apporterait pas de changement à sa politique actuelle sur la gestion des comptes de défunts.

Aujourd’hui, Facebook vous refuse toute demande de suppression de compte, même en cas de présentation d’un certificat de décès. Il vous faut soit avoir été désigné expressément par le défunt comme étant en charge du compte (legacy contact), ou encore être votre possession des codes d’accès pour effectuer la suppression vous-même. Le cas échéant, Facebook créé un « compte de commémoration », qui reste visible indéfiniment.

La question du devenir des données privées après la mort est loin d’être anecdotique. En France, la loi numérique d'Axelle Lemaire créé justement la possibilité d’établir un testament numérique. Mais cette pratique reste peu répandue. Résultat : les comptes de personnes décédées fleurissent sur le réseau social, comme autant de mémoriaux plus ou moins volontaires. Rien qu’en 2016, on estime que près d’un million d’utilisateurs de Facebook devrait trouver la mort.

Une menace statistique qui pourrait faire évoluer la politique de Facebook en la matière, à moins que la conquête de nouveaux marchés, notamment la Chine et l’Inde, ne vienne faire exploser le contingent de nouveaux utilisateurs et repousser, pour un temps, le spectre de se voir transformé en cimetière virtuel géant.


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Les YouTubeurs français épinglés

La publicité sur YouTube, ce n’est pas uniquement ce spot qui retarde de quelques dizaines de seconde le visionnage de votre vidéo. C’est aussi une pratique plus insidieuse à laquelle s’adonnent de nombreuses personnalités de la plateforme et qui est aujourd’hui dans le viseur de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF). Comme le rapporte Le Monde cette semaine, la Direction reproche aux YouTubeurs de pouvoir être payés par une marque pour parler de ses produits sans mentionner explicitement cette relation commerciale. Les enquêteurs se seraient plus particulièrement intéressés à une dizaine d’entre eux, accusés de publicité dissimulée, pour le compte d’une marque de voiture. Les sommes touchées seraient comprises entre 20 000 et 100 000 euros, fonction de la notoriété des principaux intéressés. Les YouTubeurs en question ne risquent pas pour autant la prison. Mais ils devront sans doute mettre la main à la poche et reverser tout ou partie de l’argent touché. Les services de la répression des fraudes chercheront aussi à savoir si l’agence média qui a conclu les contrats les a obligé à masquer la relation commerciale. Si cela était avéré, les agences seraient lourdement pénalisées, d’une amende pouvant aller jusqu’à « la moitié du budget total de la campagne médias ».

Le chiffre d’affaires de Snapchat attendu en forte hausse

Snapchat se lance-t-il dans une partie de poker menteur destinée à faire gonfler sa valorisation ? Après les propos du PDG Evan Spiegel affirmant que plus de 8 milliards de vidéos étaient visionnées chaque jour sur l’application, voilà que fuitent d’autres chiffres tout aussi impressionnants. Snapchat compterait sur un chiffre d’affaires d’au moins 300 millions de dollars cette année, soit 6 fois ce que l’entreprise avait prévu pour 2015. Il faut dire que Snapchat développe la publicité tous azimuts, avec de nombreuses initiatives très remarquées, la dernière en date prenant la forme de filtres sponsorisés. Mais le business model global du réseau social doit encore faire ses preuves, surtout que l’entreprise envisage, à terme, une entrée en Bourse. À n’en pas douter, l’année 2016 sera particulièrement fructueuse aux États-Unis, où le web social, Snapchat compris, est dynamisé par la campagne des prochaines élections présidentielles.

Viadéo espère mettre fin à une passe difficile

Le réseau professionnel français, considérée un temps comme une pépite de la French Tech, a enregistré une perte record de 23,3 millions d’euros en 2015, pour un chiffre d'affaires de 24,3 millions, largement en deçà des attentes des marchés. C’est une période noire pour Viadéo, qui affiche des comptes dans le rouge depuis 3 ans déjà. Pour 2015, le bilan a été plombé par la fermeture des activités chinoises de l’entreprise, une frontière qu’elle n’aura jamais réussi à conquérir. Cette contre-performance était attendue, mais l’ampleur des pertes dépasse même les prévisions les plus pessimistes. Est-ce pour autant la fin de Viadéo ? Non, répond la nouvelle direction, qui espère encore pouvoir se relever de l’ère Serfaty, du nom de l’ancien PDG, qui a finalement démissionné en janvier après des années à la tête de l’entreprise qu’il avait créée. Sa stratégie très ambitieuse est pointée du doigt par certains, qui lui reproche d’avoir voulu aller trop loin, trop vite, trop longtemps. Son remplaçant, Renier Lemmens, 51 ans, sera en charge de la nouvelle orientation du groupe, vraisemblablement recentré sur la France et sur un prisme plus local. Le nouveau plan stratégique est attendu en avril, mais il est déjà acquis que Viadéo n’a plus grand-chose d’un LinkedIn à la française.




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