Social Week Report - 21 Octobre

Cette semaine, le Social Week Report vous révèle le nom des grands gagnants de la version française de « Discover » : vous verrez que les géants du divertissement ne sont pas les seuls à tirer leur épingle du jeu ! D’autres nouveautés sont également à découvrir : les derniers rebondissements autour du rachat de Twitter, l’incroyable succès de Pinterest et le réseau social des enfants gâtés, Rich Kids.

« DISCOVER » SUR SNAPCHAT : ÇA ROULE POUR MELTY ET KONBINI

Snapchat Discover

Cela fait tout juste un peu plus d’un mois que huit médias français ont rejoint la plateforme de contenus « Discover » sur Snapchat. L’heure est donc au premier bilan des audiences ! Selon Le Figaro, les grands gagnants seraient Melty et Konbini, deux pure players spécialisés dans le divertissement. Ce n’est pas vraiment une surprise puisque les deux sites s’adressaient déjà essentiellement aux jeunes, qui, et ça tombe bien, constituent aussi le bataillon des utilisateurs de Snapchat.

Leurs statistiques sur ce premier mois ont tout de même de quoi faire rêver, puisque Melty revendique jusqu’à 2 millions de visiteurs uniques par jour sur sa chaîne « Discover ». Quand on sait que l’audience quotidienne de Snapchat avoisine les huit millions de personnes, cette performance a tout du carton plein. Certains jours, selon Stratégies, Melty engrangerait même plus d’audience sur Discover que sur son propre site ! Konbini, le site français concurrent, n’est pas en reste avec 500 000 visiteurs uniques sur sa chaîne Snapchat. Les deux sites sont aussi les plus prolixes, avec une moyenne de 14 « diapos » quotidiennes pour Melty et de 13 pour Konbini (étude Business Insider France).

Et comment s’en sortent les médias traditionnels ? Pas trop mal, estime Le Figaro, qui note que L’Équipe surclasse Le Monde, avec jusqu’à 400 000 visiteurs uniques par jour contre 200 000 pour le quotidien de l’après-midi. De fait, ce sont là de belles performances, car on peut penser que les jeunes utilisateurs de Snapchat n’avaient pas pour habitude de se plonger dans la lecture de ces quotidiens historiques. Pas de chiffres en revanche pour Paris Match, Cosmopolitan et Taste Made, qui font également partie des huit éditeurs sélectionnés.

Preuve que le succès est au rendez-vous, les médias auraient déjà entrepris une révision de leurs tarifs à destination des annonceurs. Passée l’euphorie initiale, il faut désormais penser à rentabiliser l’opération car l’arrivée sur Snapchat ne s’est pas faite en un tour de main. Les médias français ont dû en effet mettre sur pied des équipes dédiées pour nourrir leur chaîne « Discover », ce qui implique un coût élevé dans un secteur aux finances déjà exsangues. D’autant que Snapchat n’oublie pas de prendre sa part du gâteau et prélève 50% de commissions sur les contrats publicitaires !

Ce lancement réussi en France est en tout cas de bon augure pour la maison-mère, Snap Inc, qui prépare sa mise en Bourse. Désormais, la date de mars 2017 est évoquée pour ce qui s’annonce comme l’opération financière de l’année dans le secteur, avec une valorisation qui pourrait frôler les 25 milliards de dollars.


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Twitter : recherche acheteur désespérément

Les semaines se suivent et se ressemblent pour Twitter. Dernière défection en date dans le feuilleton du rachat de la société : Salesforce, l’éditeur de logiciels malheureux pour racheter LinkedIn, ne sera pas non plus le prochain propriétaire du réseau social. L’entreprise a officialisé sa sortie de la course, confirmant ainsi des informations du Financial Times« Nous nous sommes retirés ; ça ne nous correspondait pas bien », a finalement assuré le directeur général Marc Benioff. « Ce n’est pas la bonne entreprise pour nous, pour diverses raisons », a expliqué le dirigeant, sans se montrer beaucoup plus précis. La réaction des marchés a été impitoyable : le titre du site de microblogging a chuté de plus de 5% à la clôture de Bourse de New York, valorisant l’entreprise à 12,6 milliards de dollars, contre environ 17 milliards la semaine précédente. L’action Twitter a ainsi perdu 36% de sa valeur depuis son introduction en Bourse en 2013. Il ne reste donc plus grand monde pour se porter acquéreur de Twitter, Disney, Google ou encore Apple ayant tous (officiellement ou officieusement) préféré passer leur chemin. L’espoir pourrait finalement venir de là où on ne l’attendait pas : du Japon. Les marchés bruissaient en début de semaine d’une nouvelle rumeur attribuant au géant japonais des télécoms Softbank des velléités de se payer Twitter. Le groupe vient en effet de lancer, avec le premier fonds souverain d'Arabie saoudite, une gigantesque structure de capital-risque dédiée à la high-tech, qui pourrait être dotée de 100 milliards de dollars.

Pinterest passe le cap des 150 millions d’utilisateurs

150 millions de personnes à travers le monde utilisent le réseau d’images Pinterest, soit une augmentation de 50% par rapport au mois de septembre de l’année dernière. Une croissance exceptionnelle qui va de pair avec le dynamisme solide des « idées partagées », qui atteignent 75 milliards, indique l’entreprise sur son blog. Structurellement, la communauté Pinterest change également peu à peu de visage : la majorité des utilisateurs, soit 80 millions, résident en dehors des États-Unis et 40% des « épingleurs » actifs sont désormais des hommes (+70%). Deux statistiques particulièrement stratégiques pour le réseau social, qui pâtissait d’une base d’audience très restreinte géographiquement mais également trop féminine. C’est seulement la deuxième fois que Pinterest partage des informations sur ses performances. Certes, en valeur absolue, Pinterest reste le petit poucet des réseaux sociaux, Instagram revendiquant, par exemple, 300 millions d’utilisateurs actifs chaque jour. Mais aucune autre plateforme sociale ne peut s’enorgueillir d’un tel dynamisme. Quand 313 millions d’utilisateurs sont actifs sur Twitter chaque mois, les nouveaux convertis sont aux abonnés absents. Alors que Pinterest indique avoir doublé son nombre d’utilisateurs en France sur l’année écoulée…

Rich Kids : réseau social pour jeunesse dorée

Les jeunes socionautes fortunés du monde entier ont enfin trouvé leur réseau chouchou : Rich Kids. Le but de ce paradis des enfants gâtés ? Permettre aux usagers d’afficher leur train de vie extravagant sans se sentir gênés vis-à-vis du citoyen lambda. Seuls les membres de ce club très exclusif peuvent publier, alors que « les pauvres » doivent se contenter d’un rôle de spectateur passif. D’ailleurs, « être riche c’est ennuyeux si personne ne peut vous voir », comme le dit si bien le slogan 100% bling-bling du site. Inspiré par le compte Instagram « Rich Kids », le réseau social homonyme propose un abonnement mensuel de…1 000 dollars ! « Si c’est trop pour vous, c’est que ce n’est pas pour vous », résume sans complexe le créateur du site, Juraj Ivan. Pour « se donner bonne conscience », explique le site PresseCitron, un tiers de l’abonnement sera tout de même reversé à une association œuvrant pour l’éducation des enfants pauvres. The Next Web souligne pourtant que ce Facebook de la frime ne fera probablement pas long feu : aucun réseau social ne peut survivre sans une base d’utilisateurs large et dévouée, et le Rich Kids n’en aura jamais une, vu le caractère élitiste et fermé de la plateforme. 




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