Social Week Report - 23 Septembre

Cette semaine, le Social Week Report se penche sur la percée de Twitter dans la diffusion d’évènements sportifs. Au menu également : Google vient de lancer YouTube Community, un nouveau réseau social très prometteur. De son côté, Facebook essaye de tordre le cou aux fausses rumeurs, alors que ses « réactions » peinent à s’imposer.

NFL

LE FUTUR DE LA TÉLÉ EST-IL EN TRAIN DE S’ÉCRIRE SUR TWITTER ?

La semaine dernière aux États-Unis, Twitter diffusait en direct le premier des 10 matchs de la ligue professionnelle de football américain (NFL) dont la plateforme sociale a négocié les droits au titre de la saison 2016-2017.

Une grande première pour Twitter, qui s’est soldée par une audience plutôt bonne : 2,1 millions d’internautes ont regardé les New York Jets prendre le meilleur sur les Buffalo Bills, un chiffre à comparer, tout de même, aux 15,4 millions de téléspectateurs « traditionnels », qui ont préféré se tourner vers leur écran de télévision, sur la grande chaîne gratuite CBS ou sur la chaîne câblée de la ligue, NFL Network.

Au-delà de chiffres globalement satisfaisants quoique modestes, cette expérience préfigure surtout le tournant que Twitter engage depuis plusieurs mois avec la vidéo en direct. Souvent décrit comme le « second écran », l’entreprise chercherait en réalité à devenir le « premier écran », c’est-à-dire le support privilégié pour les grands événements en direct. L’idée : supplanter la télévision et ses chaînes sur des événements de grande envergure qui sont commentés en masse par les socionautes et s’imposer auprès d’une base bien plus large d’utilisateurs.

Le vice-président Produit de Twitter, Josh McFarland, n’en fait pas grand secret : « quand vous êtes sur Twitter, vous ne regardez pas la télévision et vous risquez de manquer ce que se passe en live », explique-t-il. Il semble donc logique pour Twitter de proposer à ses utilisateurs une expérience plus globale, qui intègre vidéo en direct et tweets sélectionnés par un algorithme dédié.

Pour imposer ce 2-en-1 alléchant, Twitter a déjà une longueur d’avance sur ses concurrents : la plateforme est identifiée comme LE média du temps réel vers lequel les internautes vont naturellement se tourner. C’est sans doute ce qui explique que l’entreprise ait remporté le deal avec la NFL pour une bouchée de pain (10 millions de dollars), alors que les offres d’Amazon et de Verizon étaient plus intéressantes financièrement.

Mais Twitter ne devrait pas s’arrêter au football, et encore moins aux événements sportifs. Interrogé par Wired, Adam Bain, le directeur des opérations, explique que le sport fait office de ballon d’essai pour tester le modèle. Twitter, qui doit aussi gérer les aspects techniques de la diffusion en direct, vise la politique (conventions et débats), le cinéma (Oscars ou avant-premières) ou encore la finance.

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YouTube Community : la revanche de Google ?

Ça y est, Google vient enfin de lancer YouTube Community, un réseau social qui vise à démultiplier le potentiel « social » de la plateforme vidéo. Cet outil, considéré comme « un gestionnaire de communauté pour les créateurs de contenus », permettra aux YouTubeurs de converser plus facilement avec leur communauté de fans, grâce au partage en direct de textes, images, GIF et vidéos. Les abonnés à une chaîne verront apparaître les contenus de Community dans leur feed principal et ils pourront également choisir de recevoir une notification à chaque fois qu’un nouveau contenu est posté. Pour l’instant, Community est disponible seulement sur certaines chaînes YouTube très populaires, telles que vblogbrothers, AsapSCIENCE ou The Game Theorists. Selon plusieurs commentateurs, Community pourrait enfin permettre à Google de percer dans le monde des réseaux sociaux après l’échec cuisant de Google Plus : YouTube revendique déjà un milliard d’utilisateurs et les fonctions sociales de base, comme les « like » et les commentaires, sont déjà bien intégrées. En déployant ce nouvel onglet, YouTube espère aussi retenir les internautes plus longtemps et les encourager à poursuivre leurs débats sans migrer sur un autre réseau social.

Facebook part en guerre contre les fausses rumeurs

Et si la solution aux problèmes d’algorithme de Facebook était…un algorithme ? Le 14 septembre, Adam Mosseri, le responsable du fil d’actualité de Facebook, a déclaré à TechCrunch que le géant de Menlo Park travaillait sur un système de détection automatique des articles relayant de fausses informations dans ses « sujets du moment ». Cette annonce intervient alors que la fonctionnalité, disponible pour l’instant seulement aux États-Unis, a récemment fait l’objet de plusieurs couacs. Face aux vives critiques sur les limites de ce système, M. Mosseri a admis que beaucoup de travail restait à faire, mais Facebook n’en démord pas : c’est l’automatisation qui permettra à l’entreprise de bien calibrer ses « sujets du moment », avant un lancement dans d’autres pays et langues. Qu’il s’agisse des « Trending Topics » ou du fil d’actualité, la firme met actuellement les bouchées doubles dans la lutte contre les fausses rumeurs qui pullulent sur le Web : elle a rejoint le réseau « First Draft News », qui compte parmi ses membres l’AFP, CNN, The New York Times et « Les Décodeurs » du Monde. L’objectif de cette association est de mettre en place d’ici fin octobre une plateforme où ces différents médias pourront vérifier les informations douteuses qui défrayent parfois la chronique.

Sur Facebook, les « réactions » peinent à supplanter les « like »

Les « Haha », « Waouh » et autres « Grr » n’ont pas encore complètement trouvé leur place dans le cœur des utilisateurs de Facebook. Ces « réactions », mises en place en février 2016 par le réseau social pour stimuler l’engagement global avec les contenus postés, représenteraient aujourd’hui moins de 6% de toutes les interactions (« like », partages, commentaires etc.) sur la plateforme, selon une étude de Quintly, qui a passé en revue 105 000 pages sur le réseau social. Les « like », eux, constituent toujours le principal réflexe sur Facebook, et représentent 77% de l’ensemble des interactions. Mais la tendance est clairement à la hausse pour les autres réactions : entre mai et juin 2016, les socionautes ont eu davantage recours à cette nouvelle palette d’émotions 2.0 (+ 22,4%). Reflet, somme toute logique, d’une actualité toujours plus tragique, la réaction « triste » signe la forte hausse (+ 48%) sur la même période. Les pages les plus populaires de Facebook (qui rassemblent plus de 10 millions d’abonnés) enregistrent, elles, une dynamique spectaculaire sur ces nouvelles fonctionnalités : + 47% entre mai et juin. Avec la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine, et la diffusion, tout juste annoncée, des quatre débats entre candidats à l’investiture suprême sur « Facebook Live », gageons que la tendance devrait se poursuivre.




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