Social Week Report - 24 Juin

L’offensive Live de Facebook se concrétise enfin, sous la forme de partenariats avec des stars et des grands médias. Le Social Week Report vous livre tous les détails de ces arrangements entre amis. On parle aussi de Snapchat, accusé de plagiat, de vos (mauvaises) habitudes de lecture sur la toile et des chats enrôlés malgré eux dans la campagne du Brexit.

FACEBOOK SORT LE CARNET DE CHÈQUES POUR PROMOUVOIR LE LIVE

Le Social Week Report de Kantar Media vous en parlait déjà en mars dernier, c’est désormais officiel : la promotion de Facebook Live, le service de streaming en direct du réseau social, passera par des partenariats avec des célébrités et des médias.

Pour les convaincre d’utiliser cette fonctionnalité, Facebook n’a pas lésiné sur les moyens, déboursant quelque 50 millions de dollars pour s’offrir les services du très médiatique chef écossais Gordon Ramsay, du comédien Kevin Hart (Scary Movie), de la star de football américain Russell Wilson ou encore du médecin et gourou du bien-être Deepak Chopra. L’équipe de foot du FC Barcelone fait également partie des partenaires concernés.

Côté médias, on retrouve CNN, le New York Times, Vox Media, Tastemade (plateforme de vidéos dédiées à la cuisine), Mashable and Le Huffington Post. Mais c’est BuzzFeed qui a touché le pactole, avec un contrat de plus de 3 millions de dollars contre la promesse de diffuser du contenu en live jusqu’en mars 2017. Il faut dire que le site d’infotainment avait fait parler de lui en avril dernier, avec la fascinante explosion d’une pastèque, déjà diffusée en direct sur Facebook et suivie par plus de 800 000 personnes en simultané. En tout, 140 médias et célébrités auraient ainsi accepté de promouvoir Facebook Live.

Le Wall Street Journal, qui révèle la teneur de ces arrangements, précise que ces derniers pourraient n’être que la pointe de l’iceberg. En effet, il a fort à parier que cette stratégie puisse être déployée plus largement, avec des célébrités adaptées aux différents marchés de Facebook à travers le monde. Autre VRP de poids pour Facebook Live : le président Obama devait échanger, le 24 juin, avec Mark Zuckerberg en personne, lors d’un sommet sur l’industrie du web et de la high tech à Palo Alto, en Californie. Une discussion à forte visibilité médiatique retransmise en direct, cela va sans dire.

Plus largement, le réseau social mise beaucoup sur le développement de la vidéo pour renforcer l’engagement des utilisateurs et se créer de nouveaux débouchés publicitaires. Une fois n’est pas coutume, Facebook a une bonne longueur de retard sur ses concurrents : Snapchat et surtout YouTube et Twitter, via Periscope, sont déjà entrés de plain-pied dans le streaming de vidéos en direct. Mais avec une base d’utilisateurs qui dépasse le miliard et demi, nul doute que Facebook ne mettra pas longtemps à les rattraper.


ON EN PARLE AUSSI

Snapchat : s’inspirer n’est pas copier

Alors que les bacheliers français ont planché la semaine dernière sur les épreuves de philosophie, une polémique attachée à Snapchat fournit à tout le moins un bon sujet de réflexion : « s’inspirer, est-ce copier ? ». C’est en tout cas la question qui se pose après que le réseau social a été pointé du doigt pour possible plagiat concernant ses filtres. Les filtres, ou « lenses » en anglais, ce sont ces fonds d’écran événémentiels que les utilisateurs peuvent superposer à leurs selfies. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute la très chic « gerbe arc-en-ciel », qui vous propose de faire sortir un arc-en-ciel de votre bouche. En apparence anecdotique, les filtres constituent pourtant des éléments importants de la communication des annonceurs sur Snapchat, qui en sponsorisent plusieurs exemplaires, le plus souvent éphémères. Mais voilà, l’entreprise est accusée de s’inspirer d’un peu trop près du travail de maquilleurs professionnels présents sur la toile pour ses propres filtres. Cette fois-ci, c’est le maquilleur Pinal qui s’insurge de n’avoir été ni contacté, ni payé par Snapchat pour l’utilisation d’une de ses œuvres, exposée sur son compte Instagram. Et ce n’est pas un cas isolé. En mai dernier, l’œuvre de l’artiste russe Alexander Khokhlov avait également servi de base à un filtre multicolore, avant d’être finalement enlevé de l’application, suite à une plainte. Snapchat explique pour sa part s’inspirer des œuvres mais nie tout plagiat. Le problème, c’est aussi que les œuvres de ces make-up artistes ne sont pas toujours protégrées par le droit d’auteur, ce qui joue en faveur de Snapchat.

Lisez-vous un article avant de le partager ?

Les réseaux sociaux ont beau être largement positionnés dans l’éco-système de l’information, via Instant Articles sur Facebook, Moments sur Twitter ou encore Discover sur Snapchat, un lièvre de taille vient d’être levé par The Science Post : la plupart des internautes partagent les articles sans même les avoir lus. Pour s’en assurer, le site satirique américain a publié un article sous le titre alléchant de « Étude: 70% des utilisateurs de Facebook lisent seulement le titre des papiers scientifiques avant de les commenter ». Dans la foulée, 46 000 personnes se sont empressées de partager l’article. Problème : il n’avait pour tout contenu qu’un charabia en vague latin, ce qui laisse à penser que la majorité de ces 46 000 internautes n’avait effectivement pas pris la peine d’en lire le contenu. CQFD. Une tendance de fond confirmée par plusieurs études sérieuses, la dernière en date menée conjointement par l’INRIA et l’université new-yorkaise de Columbia : 59% des liens postés sur Twitter n’ont pas même pas été cliqués au préalable. Les gens sont donc plus enclins à partager un article qu’à le lire, résume dans le Washington Post Arnaud Legout, co-auteur de l’étude. « C’est typique de la consommation d’information moderne, analyse-t-il. Les gens se forment une opinion basée sur un résumé, ou un résumé de résumés, sans aucun effort d'approfondissement ».

Twitter : les chats sont-ils « in » or « out » ?

Ils sont la star des réseaux sociaux toute catégorie : les chats, dans tous leurs états, sont la valeur sûre des vidéos partagées en masse par les socionautes. Mais devait-on pour autant les mêler au Brexit ? Quelques jours avant la tenue de ce scrutin crucial sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, deux hashtags ont fait leur apparition dans les « tendances » de Twitter : #CatsAgainstBrexit et #CatsForBrexit. Selon le Guardian, le mouvement semble avoir été lancé par Lillian Edwards, une universitaire écossaise. Le 18 juin, elle poste sur Twitter une photo de son félin tristounet avec cette légende : « Mon chat est triste parce que #Brexit. Si vous êtes d'accord, RT avec votre chat. #CatsAgainstBrexit ». Les deux camps, sans doute las d’échanger des arguments sans impact, se sont donc tournés vers leurs animaux de compagnie pour tenter de convaincre les derniers indécis, dont le vote était annoncé dans les derniers sondages comme déterminant dans l’issu du scrutin. C’est ainsi qu’on a donc vu apparaître une flopée de félins à la mine peu réjouie, accompagné d’un message pour ou contre le Brexit : autour de 400 tweets par heure comprenant l’un ou l’autre des hashtags auraient été recensés depuis le début de la semaine. Même les hommes et femmes politiques britanniques s’y sont mis, certains députés tweetant des photos de leurs chats « priant » pour ou contre la sortie de l’Union européenne. Pas certain que cela fasse avancer le fond du débat ni même que les foules s’en trouvent mobilisées, mais cela aura eu au moins le mérite de faire sourire dans une campagne pour le moins tendue.

Nota bene : les chats n’ont pas pas été autorisés à voter lors du référendum britannique de jeudi



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