Social Week Report - 25 novembre

La polémique ne désenfle pas, alors que Twitter et Facebook sont sommés de rendre des comptes sur leur immense pouvoir d’influence. Le Social Week Report décrypte pour vous les principaux enjeux de ce débat. La semaine sur  les réseaux sociaux, c’est aussi le blocage de LinkedIn en Russie, le carton de YouTube en France et les lunettes connectées de Snapchat qui débarquent sur la 5e Avenue.

PETITES ET GRANDES POLÉMIQUES POLITIQUES SUR FACEBOOK ET TWITTER


Depuis l’élection de Donald Trump aux États-Unis, on n’arrête plus la controverse : les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, sont au centre d’un faisceau de critiques tous azimuts. Si les deux stars de la Silicon Valley sont visées, c’est évidemment en vertu de leur force de frappe inégalée en matière d’influence. Avec respectivement 1,7 milliard et 313 millions d’utilisateurs à travers le monde, ils ne sont concurrencés que par leurs homologues asiatiques, dont WeChat ou Line.

Alors que l’élection de Barack Obama en 2012 avait été qualifiée de première « élection Twitter », car le candidat avait su jouer de ses atouts à la perfection sur la plateforme sociale, comment qualifier le scrutin 2016 ?

Du côté de Donald Trump, pas d’états d’âme. Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en particulier, ont constitué un axe stratégique de la campagne, a confié le président élu lors de son premier entretien télévisé sur CBS. Cette semaine, en annonçant ses premières mesures phare dans une vidéo YouTube, M. Trump confirme que sa communication en tant que 45e président des États-Unis se fera en partie sur les plateformes sociales.

Dans la même veine, remarque le New York Times, Donald Trump a, depuis le 8 novembre, cherché à éviter les micros des journalistes, préférant tweeter directement ses 15,7 millions d’abonnés plutôt que de se plier aux questions des traditionnelles conférences de presse.

Si le satisfecit du candidat républicain est logique, tous les observateurs n’abondent pas. 100% directes, les « informations » apparaissant sur les réseaux sociaux s’imposent à chacun sans aucun filtre, si ce n’est le tri – parfois controversé, lui aussi – opéré par l’algorithme. C’est justement ce qui est reproché à Facebook ou à Twitter, sommés d’être plus vigilants sur les contenus circulant sur leurs plateformes respectives.

Le défi est immense et non sans risque. Twitter en a fait les frais la semaine dernière, alors que plusieurs comptes de porte-voix de l’ « alt-right » (mouvement de droite nativiste, pro-Blancs) ont été supprimés par la plateforme pour non-respect des règles en vigueur sur Twitter. L’un d’eux, Richard Spencer, a immédiatement dénoncé une « purge », voire du « stalinisme d’entreprise » et d’aucuns estiment que ces suppressions de comptes sont contre-productives, donnant du grain à moudre aux extrémistes en leur offrant une occasion de se victimiser.

Échaudé par ces récents exemples, Facebook, attaqué sans relâche sur les fausses informations qui pullulent dans les fils d’actualité, se veut prudent. Dans un long post sur le sujet, Mark Zuckerberg met en garde : le réseau ne doit pas devenir à lui seul « l’arbitre de la vérité » mais s’appuyer sur sa communauté d’utilisateurs et sur des organisations de fact-checking extérieures. De toute façon, il semble techniquement impossible de passer au peigne fin l’intégralité des contenus postés, sauf à mettre en place une large équipe d’editors qui seraient immédiatement taxés de parti-pris.

C’est donc un périlleux exercice d’équilibrisme auxquels doivent se plier les réseaux sociaux, qui cherchent à maintenir leur neutralité et à garantir que toutes les opinions puissent être représentées sur leurs plateformes. D’ici aux prochaines échéances électorales majeures, ils auront en tout cas à trouver un compromis qui puisse satisfaire l’ensemble du spectre politique et des citoyens. Compromis qui, aujourd’hui, peine encore à émerger clairement.

ON EN PARLE AUSSILe blocage de LinkedIn en Russie prend des allures de crise diplomatique

Rien ne va plus entre la Russie et les États-Unis… à cause de LinkedIn. En cause, le blocage du site du réseau social professionnel sur le territoire russe, rendu possible grâce à une loi de 2015 sur la protection des données personnelles. LinkedIn rejoint ainsi environ un millier de sites divers sur une liste de sites interdits par la Fédération de Russie. Mais il s’agit là du premier réseau social majeur à être bloqué par les autorités. Selon la législation russe, tout site hébergeant les données de citoyens doit en effet disposer de serveurs de stockage localisés sur le territoire. Ce qui n’est évidemment pas le cas de LinkedIn. Côté gouvernement, on explique que cette loi a pour objectif de protéger la confidentialité des données des utilisateurs russes. Les opposants au régime de Vladimir Poutine ne l’entendent pas de cette oreille et pointent le durcissement du contrôle des autorités sur Internet. La porte-parole de l’ambassadeur américain à Moscou s’est montrée plus mesurée, exprimant toutefois clairement ses « inquiétudes ». En effet, le précédent créé par cette décision de justice pourrait, à terme, menacer le fonctionnement d’autres réseaux sociaux, dont Facebook et Twitter qui, eux non plus, ne stockent pas encore sur place les données récoltées en Russie. LinkedIn compte 400 millions d’usagers inscrits, dont 5 millions en Russie.

YouTube s’impose plus que jamais auprès des socionautes français

Le succès de la plateforme vidéo de Google en France ne se dément pas ! Selon la dernière étude « Connected Life » de Kantar TNS, un Français sur deux âgé de 16 à 44 ans la consulte tous les jours. Et les jeunes sont encore plus accro, puisque 75% des 16-24 ans se rend quotidiennement sur YouTube. À en croire le patron de Google France, Nick Leeder, la clé de cette progression tient dans les avancées technologiques, à savoir une accessibilité aux services améliorée sur mobile et l’essor de la télévision connectée. YouTube prépare aussi le futur, puisque la version « Kids » de la plateforme  a été déployée dans l’Hexagone la semaine dernière. Selon Les Échos, YouTube Gaming, le service consacré aux jeux vidéo, devrait être lancé très rapidement. Les YouTubeurs ne sont pas oubliés pour autant et ils seraient plus de 6 000 à avoir profité du YouTube Space parisien, l’infrastructure de création ouverte aux vlogueurs depuis le 1er octobre 2015. Autre chiffre éloquent : alors que seules 10 chaînes françaises dépassait le million d’abonnés il y a deux ans, elles sont désormais 85 !

Comment vendre des lunettes Snapchat, épisode 2

On vous en parlait la semaine dernière, Snap Inc. mise beaucoup sur ses lunettes connectées, les « Spectacles ». Après une mise à la vente originale via un distributeur automatique nomade, la maison-mère de Snapchat prend ses quartiers… sur la 5e Avenue new-yorkaise. Un emplacement tout ce qu’il y a de plus prestigieux pour un pop-up store à la devanture toute jaune qui me manquera pas d’attirer l’œil des passants ! Située en face du mythique Apple Store conçu par l’architecte Bohlin Cywinski Jackson, la boutique ne ressemble en rien à un magasin classique : ni vitrines exposant les produits, ni vendeurs pour vous conseiller, vous trouverez simplement un Snapbot trônant au fond d’un grand espace vide aux allures de loft industriel un rien minimaliste. Les New-yorkais et autres touristes sont ravis, mais à en croire les premiers retours d’expérience, il faudra, là-aussi, s’armer de patience pour acquérir les fameuses lunettes. Selon la presse américaine, le magazine éphémère sera toutefois ouvert au moins jusqu’à la fin de l’année, contrairement aux précédents emplacements qui voyaient la machine disparaître, comme les Snap, au bout de quelques heures seulement. Mauvaise nouvelle toutefois, avec l’arrivée de cette boutique que Snap Inc. promet de réapprovisionner régulièrement, le prix des lunettes sur le marché de la revente promet de décliner rapidement.



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