Social Week Report - 26 août

Cette semaine, le Social Week Report décrypte la stratégie de Facebook avec Lifestage, l’application sociale qui vise les lycéens. Pinterest et YouTube sont également au cœur de l’actualité du moment, le premier avec l’arrivée des publicités vidéo et le second avec une véritable mue annoncée pour la fin de l’année.

MAIS QUE CHERCHE VRAIMENT FACEBOOK AVEC LIFESTAGE ?

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Lifestage, la nouvelle app sociale lancée par Facebook, fait beaucoup gloser. Il s’agit d’une application destinée principalement aux lycéens (américains), un cœur de cible assumé qui fait dire aux commentateurs que cette initiative représente une nouvelle offensive anti-Snapchat. Ce lancement est-il vraiment le dernier épisode de la guéguerre entre les deux réseaux, largement alimentée par les médias eux-mêmes ?

Certes, le graphisme très coloré et le public de cette nouvelle application évoquent clairement Snapchat. Inaccessible en théorie aux plus de 21 ans, Lifestage vous propose de créer un profil tout en vidéo, centré sur vos intérêts ou vos activités du moment.

Le réseau proposé est par ailleurs très circonscrit : les profils s’inscrivent dans le cadre d’un établissement scolaire qu’il faut obligatoirement renseigner. Comme l’ont bien relevé certains médias, Lifestage fait finalement davantage penser à la première version de Facebook, à l’époque où le réseau social n’était encore qu’une plateforme communautaire de l’université de Harvard.

Il ne s’agit pas non plus d’une nouvelle application de messagerie. Sur Lifestage, les utilisateurs ne peuvent pas se parler directement. En revanche, il est possible de lier son profil à ses comptes Instagram… ou Snapchat.

Le réseau concurrent n’est donc pas banni de l’interface, ce qui semble indiquer que Lifestage n’a pas été pensée comme une offre frontalement rivale. Selon TechCrunch, Facebook n’aurait que des ambitions limitées pour cette nouvelle application : elle a d’ailleurs fait son apparition un vendredi après-midi, soit le dimanche du Web en matière d’activité digitale.

Il se pourrait donc que Lifestage ne soit qu’un modeste outil destiné à glaner le plus d’informations possible sur les habitudes et les tendances en vogue au sein de la communauté des jeunes socionautes. Aidé par cet observatoire à millenials, Facebook reste sur son objectif de promouvoir la vidéo, notamment sur les profils, fonctionnalité qui a fait un flop depuis son lancement en avril dernier.

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Avec Backstage, YouTube pourrait se métamorphoser

VentureBeat dévoile les contours du projet « Backstage », qui pourrait doter YouTube de fonctionnalités similaires à celles proposées par les réseaux sociaux plus classiques. Ainsi, les chaînes YouTube pourraient bientôt publier des textes, des photos ou encore des sondages, en plus des vidéos. Ces publications apparaîtraient également sur l’écran d’accueil des abonnés, qui ressemblera donc à s’y méprendre à un fil d’actualité traditionnel. Et comme sur les autres réseaux sociaux, il sera possible de commenter ces publications. Cette transformation importante pourrait être initiée dès la fin de l’année, via un déploiement d’abord restreint à certains comptes. On pensait que Google avait abandonné l’idée de créer un réseau social concurrent au mastodonte Facebook. L’échec, puis l’abandon, du laborieux et désert réseau Google+ avait constitué un gros coup dur pour le propriétaire de YouTube. Il semblerait donc que la stratégie de la firme de Mountain View soit désormais de s’appuyer sur la popularité de sa plateforme vidéo – plus d’un milliard d’utilisateurs tout de même – et de ses YouTubeurs stars pour relancer en fanfare ses ambitions sociales.

Pinterest propose (enfin !) des publicités vidéo…

Pinterest annonce le déploiement de vidéos sponsorisées sur sa plateforme. La nouvelle pourrait sembler anachronique, tant ces vidéos publicitaires ont déjà envahi les autres réseaux sociaux, Facebook en tête. Mais Pinterest cultive et assume sa différence. Jon Kaplan, en charge des ventes chez Pinterest, reconnaît ainsi que l’entreprise n’avait jusqu’ici pas jugé bon d’investir massivement dans la vidéo, les utilisateurs ne l’ayant pas véritablement plébiscitée. Le discours s’inscrit en franche opposition par rapport aux concurrents, qui ont choisi d’imposer la vidéo, quitte à perturber les habitudes des utilisateurs. Chez Pinterest, au contraire, l’arrivée (tardive) de la publicité vidéo répond à une tendance forte : l’année dernière, le réseau social a constaté une hausse de 60% du nombre de vidéos « épinglées ». Un signe tangible qui indique que Pinterest est prêt, lui aussi, à s’engager dans l’aventure. Les marques devraient selon toute vraisemblance suivre le mouvement. Elles sont déjà très nombreuses à acheter des « pins » sponsorisés qui apparaissent dans les fils d’actualité. Les vidéos, qui ressembleront à des GIF silencieux jusqu’à ce que l’utilisateur clique dessus, seront accompagnées de liens permettant l’achat. Alors que la désaffection pour le spot de publicité traditionnel prend de l’ampleur, Pinterest espère bien récupérer une partie des budgets alloués initialement à la télévision. C’est déjà le cas de la marque de maquillage BareMinerals, qui, dans sa tentative de s’adresser à la génération Y, va délaisser sans regret les écrans de télévision pour les écrans de nos smartphones.

…et s’offre Instapaper en passant

La rentrée de Pinterest s’annonce riche en nouveautés : la plateforme de partage de photos a racheté Instapaper, une application de sauvegarde d’articles, créée en 2008 par Marco Arment, l’un des fondateurs de Tumblr. Cette acquisition, dont le montant n’a pas été révélé, représente un véritable « mariage du texte et de l’image », selon Le Figaro. Les deux services ont plusieurs points en commun, car ils permettent aux utilisateurs de découvrir et sauvegarder facilement des contenus liés à leurs centres d’intérêts, qu’il s’agisse d’images (Pinterest) ou de textes (Instapaper). Le site spécialisé Recode explique que Pinterest a surtout été séduit par l’algorithme de recommandation d’articles développé par Instapaper, comme le confirme un porte-parole de l’entreprise : « cette technologie peut améliorer la manière dont nous indexons et recommandons les nouveaux contenus ». Pinterest souhaite en effet se positionner comme une alternative à la recherche d’images sur Google. Instapaper pourrait toutefois avoir encore de beaux jours devant lui : l’application devrait continuer à fonctionner de façon indépendante et ses trois employés vont déménager dans le siège de Pinterest à San Francisco. Il s’agit de la 8e  acquisition de Pinterest en un an, même si la plupart de ces opérations ont été des « acqhires », c’est-à-dire des rachats de start-up prometteuses qui visent avant tout l’expertise des employés.




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