Social Week Report - 7 octobre

Cette semaine, Minute Buzz franchit le pas et décide de ne publier que sur les réseaux sociaux. Choix avisé ou pari audacieux ? Le Social Week Report vous dit tout ! A lire aussi : les débuts mitigés de la « MarketPlace » de Facebook, la fin de Meerkat et le triangle LinkedIn-Microsoft-Salesforce…

Minute buzz mise tout sur la plateformisation sociale

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La plateformisation sociale est-elle l’avenir des médias ? C’est en tout cas le pari de Minute Buzz, un pure player 100% français. Minute Buzz, dont la création remonte à 2010, évolue dans la catégorie des Topito, Demotivateur, Melty, Konbini et autres BuzzFeed. Vous connaissez à coup sûr ces sites spécialisés dans le divertissement, dont les articles rapides à lire alimentent largement les fils d’actualité, notamment sur Facebook ou Snapchat.

Mais Minute Buzz vient de décider d’une stratégie pour le moins radicale, en faisant passer à l’as son site web pour ne publier désormais que sur les réseaux sociaux. Ce changement de braquet audacieux part d’une simple constatation : alors que le trafic sur les supports classiques – site web et application – est en recul, 8 millions de 18-35 ans suivent les pages de l’éditeur de contenus sur les différentes plateformes sociales.

Selon Stratégies, Minute Buzz totalisait en juin dernier une audience globale de 1,5 millions de visiteurs uniques sur ses supports classiques. Une audience qui peine à se maintenir, d’autant que Facebook a déclaré la guerre en août dernier aux articles « piège à clic », dont Minute Buzz s’était fait une spécialité. Les dirigeants espèrent donc que ce tournant permettra à l’entreprise de survivre dans un environnement hautement concurrentiel. Mais cela n’ira pas sans quelques risques.

Déjà très dépendant à Facebook et à sa politique algorithmique parfois changeante, Minute Buzz va l’être, de fait, encore davantage. Mais l’entreprise parie sur la vidéo plutôt que sur les articles et surtout sur son modèle économique : la société se finance quasi exclusivement grâce au « brand content » ou au « native advertising », l’équivalent 2.0 des publicommuniqués que l’on peut encore croiser dans la presse papier. 80 vidéos de ce type sont publiées tous les mois. Et les clients de Minute Buzz visent avant tout les réseaux sociaux. Pas besoin, donc, d’attirer les lecteurs sur un site pour engranger du chiffre d’affaires…

Attention tout de même aux humeurs de la firme de Menlo Park : comme le souligne Le Monde, si Facebook ne prélève rien aujourd’hui sur les revenus des contenus de marques circulant sur sa plateforme, cette politique pourrait évoluer à plus ou moins court-terme. Un risque majeur que Minute Buzz semble prêt à prendre pour faire le grand saut du « 100% social ».

On en parle Aussi

Le Bon Coin version Facebook : ça commence mal

Facebook peut-il concurrencer e-Bay ou encore Le Bon Coin avec sa propre plateforme dédiée à la vente et l’achat entre utilisateurs ? Le lancement de « MarketPlace » à grande échelle aux États-Unis, en Australie, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande est intervenu cette semaine, après plusieurs mois de tests restreints. Première constatation : les utilisateurs en profitent pour vendre tout et n’importe quoi. Comme le souligne le New York Times, 24 heures à peine après le lancement, on trouvait lundi soir, en vrac : des armes, de la drogue, des services sexuels, des bébés hérissons ou encore des bébés tout court. Soit autant de « produits » qui sont bien évidemment interdits à la vente sur Facebook (et ailleurs). Un grand n’importe-quoi qui a forcé la firme à réagir et à présenter ses excuses. Dans un communiqué à Business Insider, l’entreprise invoque un « problème technique » pour justifier ces annonces malencontreuses. Mais cela pourrait avoir une incidence plus fâcheuse : alors que Facebook comptait sur un déploiement mondial de « MarketPlace » dans les tout prochains jours, ces plans pourraient être retardés. Le temps, pour le réseau social, de mettre en place un meilleur système de contrôle des annonces. En effet, contrairement au processus de mise en ligne adopté par Le Bon Coin, par exemple, Facebook ne dispose pour l’heure que d’un système de repérage a posteriori des annonces frauduleuses. Sans validation préalable à la mise en ligne, les dérapages sont garantis…

Salesforce part en guerre contre le rachat de LinkedIn 

Et si le rachat de LinkedIn par Microsoft n’était pas chose faite ? Salesforce, qui avait essayé de remporter les enchères pour le réseau professionnel plus tôt cette année, semble bien déterminé à contrer le projet. L’entreprise considère cette opération comme anti-concurrentielle, rapporte Le Figaro. Burke Norton, directeur des affaires juridiques de Salesforce, explique qu’ « en récupérant la propriété des données uniques de LinkedIn sur plus de 450 millions de professionnels situés dans plus de 200 pays, Microsoft sera en mesure d'empêcher des concurrents d'accéder à ces données ». La firme américaine invite donc la Commission européenne à examiner les « importants problèmes de confidentialité des données et antitrust » posés par ce rachat. Microsoft n’a pas souhaité commenter, mais son directeur juridique Brad Smith a tout de même glissé que l’opération avait déjà été autorisée aux États-Unis, au Canada et au Brésil. À en croire l’analyste Patrick Walravens, les chances de succès de Salesforce sont effectivement bien minces. Il pourrait même juste s’agir d’une tentative d’attirer l’attention sur sa propre conférence, Dreamforce, qui se déroule à San Francisco du 4 au 7 octobre.

Meerkat est morte, vive…Houseparty ?

Meerkat, l’application de streaming vidéo en direct, n’est plus. C’est son fondateur même, Ben Rubin, qui a annoncé sur Twitter que l’application avait été retirée de l’Apple Store, un an après sa sortie et un démarrage en trombe. Meerkat n’a pas fait le poids face à la rude concurrence de ses rivaux, tels que Periscope, propriété de Twitter, et Facebook Live, beaucoup plus forts au niveau de la distribution, explique Re/code. Selon ZDNet, cet échec servira de leçon au monde du numérique : sans la puissance d’une plateforme populaire pour diffuser un produit, rien ne sert d’avoir une bonne idée et un savoir-faire pointu… Dont acte. Meerkat, qui avait connu un succès fulgurant au premier semestre 2015, a décidé de tout miser sur une réorientation stratégique. The Verge révèle que les éditeurs de l’application ont lancé Houseparty, dédiée au stream vidéo privé, qui revendique déjà plus d’un million de téléchargements, surtout aux États-Unis…le début d’une nouvelle histoire à succès ?



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