Media Week Report - 12 juillet

 

Cette semaine, le Media Week Report se penche sur les mutations de la presse régionale en France. Du côté des réseaux sociaux, Facebook se prépare à lancer de nouvelles applications expérimentales, tandis que Snap propose une étude sur l’amitié.

La presse régionale résiste mieux en France qu’ailleurs mais reste fragile

La presse quotidienne régionale, qui résiste plutôt mieux en France que dans d’autres pays, est fragile.

Si l'on n'assiste pas à la multiplication des fermetures de titres en France, c'est parce qu'une certaine concentration a déjà eu lieu. « La presse quotidienne départementale s'est consolidée à partir des années 1960 – on est passé d'une quarantaine de titres à une quinzaine aujourd'hui – et elle a été absorbée par les groupes de PQR au cours des vingt-cinq dernières années », raconte aux Echos Jean-Clément Texier, spécialiste du secteur.

Comme l'illustre la bataille autour de Nice-Matin, les journaux régionaux restent attractifs pour leurs actifs immobiliers et leur influence politique au niveau local. Comme l’indique Le Monde, Xavier Niel, fondateur de Free et actionnaire à titre individuel du Monde, a annoncé à la surprise générale mi-­juin être entré en négociation exclusive pour reprendre les 34% détenus par l'actionnaire belge Nethys dans le journal – coupant l'herbe sous le pied d'Iskandar Safa, propriétaire de l'hebdomadaire de droite radicale Valeurs Actuelles, sur les rangs depuis décembre 2018.

La diffusion payée de la presse régionale et départementale a cependant plongé de 5,7 millions d'exemplaires par jour en 1996 à 3,8 millions l'an dernier, avec une accélération récente.

Force est de constater que la PQR n’est plus la seule source d’informations locales, ce qui pose la question de la ligne éditoriale. Par ailleurs, tout comme la presse nationale – notons, à titre d’exemples, les difficultés de L’Humanité qui se sépare d’un quart de ses effectifs mais aussi du groupe Canal + qui prépare un plan de départs massif – la PQR souffre de la baisse de la publicité sur ses éditions papier et de la captation de la croissance sur le numérique par Google et Facebook. La presse régionale française ne doit donc pas rater sa transition vers le numérique, insistent Les Echos.

La presse régionale cherche ainsi à diversifier ses revenus – une diversification qui doit représenter environ 20% des revenus et qui va jusqu’à 50% des revenus au Télégramme – le journal régional, précisent Les Echos, dont la stratégie de diversification est la plus aboutie.


Facebook prend le tournant de l’expérimentation

Malgré ses récentes difficultés, Facebook continue de cultiver son goût pour l’expérimentation. Le 9 juillet, la plateforme a annoncé le lancement de nouvelles applications expérimentales par le biais d’un éditeur dédié, NPE Team LLC, à savoir « New Product Experimentation ». Elles seront disponibles sur iOS, Android et sur le web ; certaines applications pourront être même intégrées au compte Facebook personnel, souligne la CNBC.

Pour l’instant, aucune application n’a été lancée par cette nouvelle entité, mais des expérimentations pourraient voir le jour dans les prochaines semaines.

Ces nouvelles applications très pointues, dédiées principalement aux consommateurs, seront susceptibles d’être retirées après leur lancement. Selon The Verge, le but de cette initiative est de tester des idées et des services inédits, tout en évitant de ternir l’image de marque Facebook. Le Blog du Modérateur souligne que le choix d’utiliser un autre nom d’éditeur – NPE Team LLC au lieu de Facebook – viserait en effet à protéger la réputation de l’entreprise mère.

Le géant de Mountain View a d’ailleurs déjà lancé et fermé plusieurs applications autonomes, comme Hello, Moves ou tbh. Selon Insider, la diversification est depuis longtemps au cœur du modèle économique de Facebook, qui dépend de plus en plus des applications à succès qu’il a rachetées, comme Instagram et WhatsApp.


Snapchat enquête sur l’amitié

Comme le rapporte Influenth, Snap a réalisé une étude sur l’amitié auprès de 10 000 personnes à travers le monde, âgées de 13 à 75 ans et habitant en France, en Angleterre, en Allemagne, en Australie, en Inde, en Malaisie et aux États-Unis.

Un classement du nombre de Meilleurs Amis Snapchat – une fonctionnalité permettant de montrer les personnes avec qui vous échangez le plus sur la plateforme – a été établi par pays. L’Arabie Saoudite arrive en tête du classement avec un score de 6,6 ; l’Angleterre en fin de classement avec 2,6. La France arrive en cinquième position avec 3,6 – un score en dessous de la moyenne de 4,3, tous pays confondus.

En France, 60% des personnes déclarent ne souhaiter avoir que quelques amis avec lesquels entretenir une relation profonde. L'âge moyen de rencontre de ces mêmes meilleurs amis se situe avant vingt ans.

Question modes de communication, les rendez-vous arrivent en tête, suivis par les appels téléphoniques et les messageries. Sans grande surprise, Facebook perd du terrain face à Snapchat, notamment parmi les plus jeunes. 42% des Millennials (nés entre 1979 et 1995) indiquent ainsi parler quotidiennement à leurs amis sur Snapchat, contre plus de 50% pour la génération suivante, la Z. À l’inverse, plus de 50% des Millennials discutent quotidiennement avec leurs amis sur Facebook alors que la génération Z n’est que 43% à le faire.

 

 



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