Media Week Report - 27 octobre

  

Cette semaine, le Media Week Report met en avant deux initiatives de Facebook, qui soulignent combien les relations entre les médias et les géants du web comme Facebook ou Google sont difficiles. Tandis que Facebook apaise, d’un côté, les craintes des éditeurs de presse en testant l’abonnement aux Instant Articles, de l’autre, il les met en émoi avec la perspective d’un fil d’actualité séparé. Le tout dans un contexte d’inquiétudes, en Europe, au sujet du règlement européen ePrivacy. Quant à Vivendi, il maintient son objectif de créer un Netflix européen, une nouvelle étape étant franchie avec la création d’une joint-venture entre deux de ses filiales, Canal + et Telecom Italia.


Facebook teste l’abonnement aux Instant Articles et un fil d’actu séparé


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Après Google (qui, selon Les Echos, vient de dévoiler vouloir un partage des revenus générés grâce à ses initiatives envers les éditeurs de presse), c’est au tour de Facebook de faire un pas vers les médias, en lançant un service d’inscription à la presse via les Instant Articles. Les abonnements via les Instant Articles doivent permettre aux éditeurs de presse de dégager des revenus grâce à leur trafic sur Facebook.

Concrètement, les éditeurs pourront choisir quels Instant Articles seront gratuits et quels Instant Articles seront payants ; ils auront la main sur les tarifs et toucheront 100% des revenus générés par ces abonnements. Chaque internaute naviguera directement sur le site de la publication depuis Facebook, d’où il pourra payer son article ou s'abonner, laissant au journal la totalité des revenus ainsi générés.

Pour le moment, il s’agit d’un programme pilote de quelques semaines, uniquement disponible sur la version mobile Android de Facebook. Une dizaine de grands médias Internet – tels que The Washington Post, The Boston Globe, The Telegraph, Der Spiegel, Bild, La Repubblica ou Le Parisien – y participent.

Si Facebook donne d’un côté, il pourrait reprendre de l’autre. C’est en tout cas ce que suggère un fil d’actualité séparé, actuellement en test dans six pays – Sri Lanka, Bolivie, Slovaquie, Serbie, Guatemala et Cambodge.

A côté d’un fil d’actualité classique, News Feed, où l’on voit principalement les publications de ses amis et les publications sponsorisées, un autre fil, Explorer, pourrait voir le jour pour les publications des pages. Toutes les publications que les médias décident de ne pas mettre en avant – par le biais de publicités – se retrouveraient reléguées en second plan et seraient alors moins facilement accessibles aux utilisateurs de Facebook.

Un tel changement serait désastreux pour de nombreux producteurs de contenus et médias et, selon The Guardian, le niveau d’interaction entre les utilisateurs et les pages Facebook aurait immédiatement baissé de 60 à 80% dans les six pays concernés. Les petits sites, mal référencés sur les moteurs de recherche et qui tirent leur épingle du jeu grâce aux réseaux sociaux, pourraient être les premiers touchés par un tel changement.

Facebook a tenté de rassurer les éditeurs, dans un communiqué, indiquant qu’il n’avait pas l’intention d’étendre ce test à d’autres pays. « Le but de ce test est de comprendre si les utilisateurs préfèrent avoir deux espaces distincts pour les publications personnelles et les posts publics », explique la firme. « Nous n'avons pas pour projet […] de demander aux pages de payer Facebook pour apparaître dans le fil d'actualité », poursuit le réseau social. Quoi qu’il en soit, les médias tremblent déjà.

  

Les éditeurs de presse s’inquiètent du projet ePrivacy


Si Facebook et Google semblent désormais soucieux de leur impact sur les entreprises médias, un projet de règlement européen pourrait bien mettre « en danger la production de contenus par des équipes de journalistes professionnels financés par des entreprises de presse ». « C’est le rôle essentiel de la presse dans la vie démocratique européenne qui est ainsi en cause », avertissent les éditeurs de presse français, qui s’insurgent contre un projet de règlement européen sur la confidentialité des données, ePrivacy, qui risque, selon eux, de réduire leur développement au profit des géants de l’Internet.

Dans un communiqué commun, les éditeurs de presse représentés par le SPQN, l’UPREG, le SEPM, la FNPS et le SPHR, reprochent au règlement ePrivacy de priver « les entreprises de presse de la connaissance de leurs lecteurs », avec lesquels elles entretiennent un lien de confiance, et d’interrompre « leur capacité de développement dans le digital ».

En cause, le projet de faire en sorte que les internautes donnent leur consentement, pour le recueil de leurs comportements de navigation, non plus site par site, mais d’une manière globale, dès leurs premières connexions à internet, par des portes d’entrées générales que sont les navigateurs ou les interfaces détenus par les grands acteurs technologiques mondiaux. Les sites de journaux et de magazines craignent ne plus pouvoir affiner les services qu’ils proposent à leurs utilisateurs et ne plus pouvoir valoriser leurs espaces publicitaires, déjà fortement concurrencés en ligne par Facebook et Google.

 

Canal + entérine la création d’une joint-venture avec Telecom Italia


Canal+ a annoncé la création d'une société commune avec l'opérateur de télécommunications Telecom Italia (Tim) pour l'acquisition de droits TV et la production de films et séries pour le marché italien, un projet que ces deux filiales de Vivendi avaient annoncé en juillet.

Cette co-entreprise – détenue à 60% du capital par Telecom Italia et à 40% par Canal+ – a pour objectif de "soutenir Telecom Italia dans le développement d'une offre unique de télévision payante en Italie, linéaire et non linéaire », précise le communiquéElle « gèrera des productions italiennes et internationales ainsi que des coproductions [et] sera également chargée de l'acquisition de droits sportifs et autres » afin d’« accompagner la stratégie de convergence de Telecom Italia en l'aidant à développer ses réseaux haut débit fixes et mobiles". Une étape de plus vers la création, par Vivendi, de ce que le groupe souhaiterait être un Netflix européen. 




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