Media Week Report 30 novembre

Cette semaine, le Media Week Report revient sur plusieurs nouveautés lancées par YouTube. Entretemps, les groupes audiovisuels français ont tenté de se faire entendre face aux géants du numérique lors de la première édition du festival Médias en Seine, organisé par Les Echos et France Info. A noter également, le lancement de Culture Prime, un média social culturel imaginé par les groupes français d'audiovisuel public.

 

 29/11

 

YouTube : des nouveautés et un clin d’œil aux annonceurs

YouTube n’est pas en reste quand il s’agit de conquérir les annonceurs et booster sa version premium.

Le 21 novembre, la plateforme a présenté le format AdPods, un « tunnel de deux annonces publicitaires » qui peuvent être diffusées avant une vidéo ou au milieu du contenu. Ce format fera d’abord l’objet d’un test, sur desktop et ensuite sur écran mobiles et téléviseurs.  Selon Zdnet.fr, cette innovation vise à convaincre les utilisateurs à opter pour la version premium de YouTube, qui propose, entre autres, un service sans aucune publicité. D’ailleurs, les Ad Pods constituent un produit publicitaire qui pourrait séduire les annonceurs traditionnels de la télévision. Pour sa part, l’entreprise américaine affirme tenir compte du « confort de l’utilisateur gratuit ». En effet, une étude sur l’expérience utilisateur aurait montré que les spectateurs n’apprécient pas la coupure des vidéos. Or, avec les publicités au début, la vidéo ne sera plus interrompue. « YouTube continue à innover et à réfléchir à la meilleure expérience possible pour nos utilisateurs, tout en créant de la valeur pour les annonceurs et en proposant des opportunité de monétisation aux créateurs de contenus », a déclaré à AdAge Debbie Weinstein, VP YouTube Video Global Solutions. Des annonces de découverte de vidéo, les « Trueview » ont également été introduites.

D’autres nouveautés verront bientôt le jour ! Selon Reuters, YouTube a décidé de rendre ses films et séries originales accessibles au plus grand nombre, gratuitement, mais avec de la publicité, à partir de 2020. Le but de cette décision serait de diffuser davantage ces contenus à l’international –YouTube Premium est déployé seulement dans une trentaine de pays– et de faire les yeux doux aux annonceurs, qui souhaiteraient proposer leur publicités sur ces vidéos. Business Insider souligne d’ailleurs les tensions entre les deux modèles économiques de YouTube : la vidéo gratuite, financée par la publicité, et les abonnements.

Dernier point, mais pas le moindre : le format Stories, testé par YouTube depuis plus d’un an, commence à se frayer un chemin en France. Les Stories, qui peuvent durer jusqu’à 7 jours, seront l’apanage des comptes le plus importants, qui ont déjà des fonctions de « Communauté ». D’après 01net, ce choix vise à booster l’attractivité d YouTube auprès des créateurs, qui seraient encouragés à diffuser un contenu de meilleure qualité sur la plateforme que sur les autres réseaux sociaux. Ce format pourrait notamment aider les YouTubeurs à renforcer davantage les liens avec leur public, avec, par exemple, des « making of » ou des séances de questions/réponses. 


Médias en Seine, première mouture

Invités à débattre de la télévision du futur lors du festival Médias en Seine organisé le 22 novembre par Les Echos – Le Parisien et France Info, les patrons des groupes audiovisuels français – France Télévisions, TF1, M6 et Canal+ – ont tenté de faire entendre leur voix face aux géants du numérique, rapporte Les Echos.

YouTube et Netflix sont, notamment, dans le viseur de Delphine Emotte, PDG de France Télévisions. « On va arrêter de mettre les œuvres intégrales sur YouTube », indique-t-elle, critiquant le partage de revenus assuré par YouTube tout en ajoutant qu’il faut aussi « arrêter de filer nos séries à Netflix ». Gilles Pélisson, PDG de TF1, regrette également, comme l’indique Le Monde, que Netflix non seulement ne « partage pas ses données » sur les habitudes de consommation des téléspectateurs, mais ne participe pas suffisamment « au financement de la création française ». Il considère, par ailleurs, inacceptable la façon dont sont traités les contenus par YouTube et Facebook.

Certains, comme Nicolas de Tavernost, le patron de M6, sont plus pragmatiques. Pour lui, si Netflix paye normalement, il y a un certain nombre de choses que l'on peut partager. Selon Maxime Saada, directeur général de Canal+, la meilleure réponse à Netflix, c'est, à l’évidence, « l'expression digitale de Canal+, MyCanal ».

Comme le voulaient les organisateurs, Médias en Seine a donc été l’occasion de débats « à ciel ouvert, mêlant professionnels et grand public ». L’objectif ? « Permettre d’inventer ensemble un avenir des médias où l’information est certifiée, où les talents et les créateurs ont toute leur place, et où l’innovation permet l’émergence de nouveaux modèles économiques ». Pour Piette Louette, PDG du groupe Les Echos – Le Parisien, l’ambition est de faire de Médias en Seine un rendez-vous référence. Vivement la prochaine édition !

 

Culture Prime, le nouveau média social culturel de l'audiovisuel public

Les groupes français d'audiovisuel public – France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte, l'INA et TV5Monde – ont lancé Culture Prime, une nouvelle offre culturelle à destination des jeunes qui reprend tous les codes qui ont fait le succès de nouveaux médias tels que Brut.

Ce nouveau média social proposera entre 15 et 25 vidéos par semaine, soit deux à trois modules originaux par jour. Ces contenus courts, de deux à trois minutes en moyenne, sont, selon un communiqué, destinés à favoriser l'accès, par le plus grand nombre, à la culture et à la connaissance.

Dans un premier temps, les vidéos seront publiées sur la page Facebook Culture Prime. Elles devraient ensuite être rapidement accessibles sur d’autres plateformes comme YouTube, Twitter, Snapchat ou Instagram. Pour Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, il n'est en effet « pas question pour le service public d'être Facebook-dépendant », souligne Le Figaro

Si l’approche collaborative est ambitieuse, Libération, rapporte que le projet est, selon Michel Field, « modeste » dans ses moyens. A la différence de la chaîne d’informations France Info, lancée il y a deux ans, Culture Prime n’implique aucune dépense supplémentaire.

 



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